
L’architecte français Jacques Ferrier, concepteur du pavillon, en présente la maquette.
Vocation et message du pavillon
Avec son thème, le pavillon de la France s’aligne sur cette tendance visant à créer une ville dorénavant voulue « sensuelle ». Ses caractéristiques architecturales reposent sur la nécessité d’une réponse que les municipalités du monde souhaitent apporter à leurs communautés afin que ces dernières retrouvent leur place dans un univers donnant parfois des signes troublants d’hostilité. «Dans l’architecture du pavillon, c’est la nature... On ne peut plus se contenter comme au XIXe siècle d’avoir des parcs telles les buttes Chaumont ou Central Park à Manhattan», nous indique Jacques Ferrier en ajoutant qu’il est «nécessaire de disséminer la nature dans la ville et que les bâtiments ont aussi pour responsabilité d’offrir des fragments de paysage et de nature pour les passants, mais aussi pour les gens qui utilisent ces bâtiments.»
De cette manière, des inquiétudes légitimes sont apaisées et des solutions humaines sont trouvées pour un développement durable et équilibré. Cela explique que la pérennisation du pavillon de la France soit inscrite dans son cahier des charges, un vœu que le président Sarkozy a formulé auprès des autorités chinoises. Jacques Ferrier insiste également sur le fait suivant : «Dans un avenir proche, il est fort probable que les questions purement techniques – carburants, chauffage, énergies renouvelables, etc. – soient réglées par la technique elle-même. Reste à savoir comment seront vécus la ville et les bâtiments de demain. C’est la qualité du monde dans lequel on veut vivre qui est en jeu, et non sa survie.»

Jardin en train d’être aménagé sur le toit du pavillon PHOTOS : CFP
Pour des villes habitables
«Soixante-dix pour cent de la population mondiale résident dans des villes. Ces villes, ce ne sont plus Barcelone, Paris ou Vienne. Ces villes, ce sont maintenant des villes en Chine. Bien que nous n’en connaissions pas nécessairement le nom, elles gagnent chaque année 100 000, 200 000 voire 500 000 habitants. La question d’une “ville sensuelle” veut ainsi donner des outils pour infléchir ces mondes qui sont produits à une cadence infernale, indique Jacques Ferrier. En effet, la présence et l’accessibilité à l’eau, poursuit-il, sont de nos jours fondamentales. Dans ces villes qui font 10 ou 12 millions d’habitants, l’eau est devenue un sujet critique. Pour l’alimentation, pour l’hygiène et pour le plaisir.» Dans cette optique, les concepteurs du pavillon de la France ont fait reposer sa structure sur un miroir d’eau, un bassin entourant entièrement l’édifice. Son jardin à la française, orné de motifs contemporains, est un projet écologique remarquable. Cette fresque-jardin naturelle est longue de 250 m, émaillée de diverses installations multisensorielles et animée par une ambiance sonore unique. Une notion sur laquelle Jacques Ferrier met l’accent, vu que ce pavillon est «... une illustration de la possibilité de construire un urbanisme qui soit un paysage complet et une expérience sensorielle globale», un pavillon dont l’armature est inédite. «La création d’une résille structurelle qui l’enserre le met en suspension, ce qui fait qu’à l’intérieur, on n’a pas besoin de murs, mais seulement de colonnes. On a un espace de type loft, c’est à dire extrêmement flexible.»
La visite du pavillon proposant une expérience multisensorielle à son visiteur peut être parachevée par un passage au restaurant6Senset une dégustation de sa cuisine haut de gamme, une invitation au voyage du goût, du raffinement et de la qualité culinaire.
Jacques Ferrier conclut : «Ce projet reflète ma conviction que la situation actuelle[...]est aussi l’opportunité[...]de fonder un rapport inédit entre projet et technique et de révéler les nouveaux usages de la ville à venir.»
Source : La Chine au présent