BEIJING, 6 juillet (Xinhuanet) -- Qui mieux que l’architecte Jacques Ferrier, qui a dirigé de main de maître la conception et la construction du pavillon, peut nous présenter le message qui y est transmis? Découverte du pavillon dans toute sa « sensualité ».

Le pavillon de la France, lors de sa construction
DÉBUT 2008. Beijing s’apprête à célébrer son repositionnement sur la carte mondiale. Elle va accueillir les Jeux olympiques pour une consécration unanime, l’effervescence en Chine est à son comble. Au même moment, à Paris, un comité du gouvernement français sélectionne quatre propositions de pavillons pour l’Expo universelle 2010 Shanghai, à partir de 47 projets d’architectes de différents pays. Le 17 mars 2008, ce comité annonce qu’il a retenu le projet du cabinet Ferrier Architectures. C’est à son dirigeant, Jacques Ferrier, un diplômé de l’École centrale des arts et manufactures de Paris (devenu professeur d’université) que le comité confie alors la charge de représenter la France. Réalisé sous sa direction et celle d’IRB (Intégral Ruedi Baur), de concert avec l’agence TER et George Sexton Associates, le pavillon de la France portera leur signature. Le 14 novembre 2008, la mise en chantier du pavillon commence. Sa construction et son aménagement coûteront 50 millions d’euros (environ 500 millions de yuans) et mettront en exergue le calibre de ses ingénieurs et l’excellence du génie civil français.
Une thématique attendue face à des enjeux de taille
L’Expo se décline sous un thème unique : « Meilleure Ville, Meilleure Vie », une question cruciale pour cette mégapole mastodonte de 20 millions d’habitants qu’est Shanghai. Son enjeu environnemental et humain demeure de taille et sa densité de population exceptionnellement élevée, d’où l’importance d’y bien construire, un élément que souligne Jacques Ferrier : «L’architecture et l’urbanisme se trouvent de ce fait au premier plan[....],tout en ajoutant que l’industrie du bâtiment dans son ensemble (y compris construction et maintenance des bâtiments) représente un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Il est donc vraiment important que l’architecture se dirige vers la construction durable.»
Par le biais du pavillon de la France, Jacques Ferrier a donc souhaité signaler l’importance du rapport que les habitants d’une ville entretiennent avec leur environnement immédiat. Au cœur des préoccupations des urbanistes, le thème de l’Expo souligne qu’experts et politiques prennent progressivement conscience de ce rapport. Une ville confortable est essentielle à sa population. Jacques Ferrier indique qu’il s’agit : «... aussi d’innover pour répondre à des défis sociaux d’une nature nouvelle. La ville fonctionnelle entraîne dans sa croissance démesurée des risques sérieux d’explosion sociale. Pour nous (architectes) qui sommes responsables de penser cette ville, ce constat nous conduit à l’exploration de territoires hybrides, à la rénovation radicale des habitudes de conception.»
