Municipales en France : le dernier vote direct avant la prochaine présidentielle marqué par la prime aux sortants et quelques basculements (SYNTHESE) - Xinhua - french.news.cn

Municipales en France : le dernier vote direct avant la prochaine présidentielle marqué par la prime aux sortants et quelques basculements (SYNTHESE)

French.news.cn | 2026-03-23 à 19:37

PARIS, 23 mars (Xinhua) -- Dimanche, à l'issue du second tour, les élections municipales françaises se sont achevées. Ce scrutin, le dernier vote direct avant l'élection présidentielle prévue en 2027, a suscité de nombreuses interrogations: un nouveau paysage politique allait-il émerger? Les résultats des municipales donneraient-ils des indications sur la présidentielle à venir? Pourtant, il semble que les enjeux locaux n'aient pas nécessairement de lien avec les dynamiques nationales.

Il faut d'abord rappeler que 68% des communes de France n'avaient qu'une seule liste, laquelle a donc été élue dès le premier tour, le 15 mars. L'immense majorité des élections dans les autres villes n'ont pas été déterminées par les positions des partis politiques mais par les enjeux locaux, le profil personnel et le bilan des candidats.

LA PRIME AUX SORTANTS

A Paris, la gauche municipale demeure. Le candidat de la gauche hors La France insoumise (LFI), Emmanuel Grégoire (53,8%), distance largement la candidate de la droite et ancienne ministre de la Culture, Rachida Dati (39,6%). Ex-Premier adjoint à la maire de Paris, Anne Hidalgo, M. Grégoire s'est exprimé devant l'Hôtel de ville pour avant tout remercier la socialiste. "Mes premiers mots vont à Anne Hidalgo (...). Car si je suis devant vous aujourd'hui, c'est parce qu'elle a été à mes côtés, parce que j'ai été à ses côtés, qu'elle m'a donné ma chance", a-t-il déclaré. La capitale française est dirigée par la gauche depuis 25 ans.

Au QG de campagne de Rachida Dati, la déception était palpable. La candidate avait fait un premier tour mitigé, mais avec les ralliements de la liste du candidat de centre droit, Pierre-Yves Bournazel, et l'annonce du retrait par la candidate Sarah Knafo (Reconquête!) pour "faire battre la gauche", elle espérait l'emporter sur le candidat socialiste qui conservait une division avec la candidate LFI Sophia Chikirou qui ne s'était pas désistée.

En province aussi, la prime au sortant. A Lyon, le candidat de la gauche, Grégory Doucet, avait fusionné sa liste avec celle de LFI entre les deux tours. Il a battu Jean-Michel Aulas, ancien patron du club de foot l'Olympique lyonnais, candidat du centre et de la droite avec 52,4% contre 47,6%. A Marseille, le maire sortant de gauche Benoît Payan a refusé d'emblée tout accord avec LFI et a été réélu dimanche, battant largement le candidat Rassemblement national (RN) Franck Allisio.

A Rennes et à Nantes, les socialistes Nathalie Appéré et Johanna Rolland ont été réélues. Le maire socialiste de Montpellier, Michaël Delafosse, a assuré dimanche soir que "la victoire [était] acquise" avec "près de 51%". Le maire socialiste sortant de Lille, Arnaud Deslandes, conserve la mairie, avec 49,33% des voix.

La députée RN Laure Lavalette, très proche de la leader du parti, Marine Le Pen, n'a pas réussi son pari et échoue à Toulon face à la maire sortante divers droite Josée Massi, alors qu'elle était en tête au premier tour. A Angers, le maire sortant, Christophe Béchu (Horizons), a été facilement réélu, remportant son duel contre une liste de gauche, avec 59,03% des voix à l'issue du second tour. A Toulouse, Jean-Luc Moudenc (DVD) a été réélu avec 53,5% des voix, contre 45,6% pour son adversaire, le candidat LFI François Piquemal.

Au Havre, l'ancien Premier ministre Edouard Philippe, qui avait fait de sa réélection un gage de sa candidature à la présidentielle, a été réélu avec plus de 47% des voix.

QUELQUES BASCULEMENTS

Un autre ancien Premier ministre en lice pour les municipales, François Bayrou, a perdu sa ville de Pau. Il a été devancé par le candidat socialiste, Jérôme Marbot, qui a recueilli 42,45% des voix, contre 41,14% pour M. Bayrou et 16,41% pour la candidate RN, Margaux Taillefer.

LFI réalise quelques belles percées, comme à Roubaix ou à Saint-Denis. En revanche, les alliances entre la gauche et LFI échouent à Toulouse, Clermont ou encore Strasbourg, mais aussi à Poitiers, Brest, Avignon, Metz et Limoges. On observe donc une fracture entre les villes faisant confiance à LFI et celles dont une partie des citoyens a pu être marquée par un discours médiatique assimilant LFI à un "danger pour la République".

A l'autre bout de l'échiquier politique, le RN, présenté comme l'alternative nationale pour 2027, remporte une cinquantaine de mairies dans l'ensemble du pays, comme Nice, Montargis et Amilly, sur quelque 35.000 maires de plein exercice. Christian Estrosi (Horizons), battu par Eric Ciotti (UDR-RN) pour la mairie de Nice, a réagi, les larmes aux yeux, à sa défaite. "Aujourd'hui, une page se tourne. Ce soir, je vous dis au revoir. Mais pas adieu (...). J'ai tout donné de moi.", a-t-il annoncé. Fin

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