WASHINGTON, 18 février (Xinhua) -- Le président américain Donald Trump a qualifié mercredi de "grave erreur" la location par le Royaume-Uni de Diego Garcia, une base militaire américano-britannique stratégique située dans l'archipel des Chagos, dans l'océan Indien, soulignant que cela pourrait s'avérer critique si les tensions avec l'Iran venaient à s'intensifier.
Dans le cadre d'un accord annoncé en mai 2025, le Royaume-Uni a accepté de transférer la souveraineté des îles Chagos à Maurice tout en louant Diego Garcia pour 99 ans à 101 millions de livres sterling (136 millions de dollars américains) par an.
En 1965, le Royaume-Uni a détaché l'archipel de Maurice, alors colonie britannique, pour créer le Territoire britannique de l'océan Indien. En 1966, le Royaume-Uni a loué Diego Garcia aux Etats-Unis pour en faire une base militaire conjointe américano-britannique.
Notant qu'il "pourrait être nécessaire pour les Etats-Unis d'utiliser Diego Garcia" si les négociations sur le nucléaire avec l'Iran échouaient, M. Trump a déclaré sur sa plateforme Truth Social qu'il avait mis en garde le Premier ministre britannique Keir Starmer contre la signature de ce bail.
"Le Premier ministre Starmer ne devrait en aucun cas perdre le contrôle de Diego Garcia en concluant un bail de 100 ans, au mieux précaire", a écrit M. Trump, avertissant que ne pas en conserver le contrôle serait "une tache sur notre grand allié".
Cette déclaration intervient au lendemain du soutien officiel de Washington au projet de Londres de céder la souveraineté des îles Chagos à Maurice, le département d'Etat américain ayant déclaré qu'il "soutenait la décision du Royaume-Uni de donner suite à son accord avec Maurice concernant l'archipel des Chagos".
En réponse aux critiques du président Trump, le ministère britannique des Affaires étrangères a déclaré que l'accord sur les îles Chagos était "crucial pour la sécurité du Royaume-Uni et de ses principaux alliés, ainsi que pour la sécurité du peuple britannique".
"L'accord que nous avons conclu est le seul moyen de garantir l'avenir à long terme de cette base militaire vitale", a-t-il déclaré dans un communiqué.
Ed Davey, chef du Parti libéral-démocrate, a critiqué ce qu'il a qualifié de "revirement" des Etats-Unis sur cette question, affirmant que le Royaume-Uni ne pouvait pas compter sur les Etats-Unis "tant que Trump était à la Maison Blanche".
"Il est temps de renforcer nos liens avec des alliés sur lesquels nous pouvons compter, à commencer par nos voisins européens", a-t-il déclaré. Fin
