ADEN (Yémen), 20 octobre (Xinhua) -- Le groupe armé Houthi au Yémen continue de détenir 20 employés de l'ONU dans un complexe résidentiel de l'ONU dans la capitale Sanaa, a déclaré lundi à Xinhua une source du bureau de l'ONU au Yémen.
La source, qui s'est exprimée sous couvert d'anonymat, a déclaré que les Houthis avaient libéré dimanche soir 11 employés locaux du centre d'hébergement commun des Nations Unies situé rue Hadda, que des agents armés des services de renseignement houthis avaient pris d'assaut samedi. Vingt autres membres du personnel, dont 15 étrangers et cinq Yéménites, sont toujours détenus dans le complexe pour la troisième journée consécutive.
Selon la source, des agents des services de renseignement houthis restent postés à l'intérieur du complexe, où ils continuent d'interroger les employés détenus. Ces derniers ont été autorisés à avoir des contacts limités avec leurs familles sous stricte surveillance.
Les Nations Unies n'ont pas encore publié de communiqué officiel concernant ces détentions.
Samedi, un responsable de la sécurité yéménite a déclaré à Xinhua que les forces houthistes avaient pris d'assaut le complexe des Nations Unies, saisi les téléphones portables des employés et interrogé les membres du personnel.
Le responsable a déclaré que cette opération semblait s'inscrire dans le cadre d'une campagne plus large menée par les Houthis contre le personnel des Nations Unies et humanitaire dans les zones sous leur contrôle, dans un contexte de tensions croissantes avec les organisations d'aide internationale.
Cette tension accrue fait suite à un discours prononcé jeudi par le chef houthi Abdulmalik al-Houthi, qui a allégué l'existence de "cellules d'espionnage dangereuses" au sein des organisations humanitaires opérant au Yémen.
Dans son dernier discours télévisé, le chef houthi a affirmé que son groupe disposait d'"informations concluantes" reliant une "cellule du Programme alimentaire mondial" à des activités d'espionnage qui auraient aidé Israël à tuer de hauts dirigeants houthis à Sanaa en août.
Les relations entre les autorités houthies et les organisations humanitaires internationales se sont fortement détériorées ces derniers mois, en particulier après les frappes aériennes israéliennes en août.
En réponse à ces récents développements, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a exprimé vendredi sa profonde inquiétude face à ce qu'il a qualifié d'accusations "dangereuses et inacceptables" portées par les Houthis contre le personnel de l'ONU. Il a exigé la libération immédiate de tous les membres du personnel de l'ONU détenus et a exhorté les autorités houthies à garantir la sécurité et la protection de tous les travailleurs humanitaires opérant au Yémen.
Des dizaines de membres du personnel de l'ONU et d'organisations humanitaires sont détenus par les Houthis depuis juin 2024, malgré les appels répétés de l'ONU en faveur de leur libération. Fin
