BEIJING, 5 novembre (Xinhua) -- Des participants francophones au 7e Sommet mondial des médias ont mis l'accent sur la responsabilité de la presse de garantir la crédibilité de l'information à l'ère de l'intelligence artificielle (IA), tout en appelant à renforcer la coopération médiatique dans ce nouveau contexte.
Coorganisé par l'Agence de presse Xinhua et le gouvernement populaire de la municipalité de Beijing, le 7e Sommet mondial des médias, qui se tient du 5 au 9 novembre à Beijing, a pour thème "Les médias à l'ère de l'intelligence artificielle : du consensus à l'action".
D'après ces participants, à l'ère du numérique, les technologies de pointe transforment la vie quotidienne et offrent des opportunités de dépasser les barrières linguistiques, d'élargir l'accès à l'information et de permettre au public de découvrir des reportages provenant des quatre coins du monde.
L'IA transforme la manière dont l'actualité est recueillie, traduite, vérifiée, produite et diffusée. Mais l'innovation ne doit pas se développer au détriment de la crédibilité de l'information.
La capacité de diffuser un contenu ne garantit ni sa qualité, ni sa véracité, ni sa compréhension par le public, d'après Hervé Azoulay, directeur et professeur à la Silk Road Business School.
L'IA ouvre des perspectives considérables, mais elle facilite également la production d'images artificielles, de vidéos manipulées et de contenus trompeurs, a déclaré Hervé Azoulay lors d'un sous-forum tenu jeudi dans le cadre du sommet, qualifiant la confiance de ressource essentielle.
L'IA vient aider les humains, notamment les journalistes, mais elle ne peut pas les remplacer, car ceux-ci racontent les faits avec authenticité et beaucoup de chaleur, a noté Mohamed Compaoré, journaliste ivoirien.
Les algorithmes sont optimisés pour favoriser l'engagement et amplifier le récit, et non pour garantir la vérité. Une dépendance inconditionnelle à des contenus générés automatiquement constitue un véritable suicide éditorial, d'après Kamel Mansari, éditeur en chef du Jeune Indépendant d'Algérie.
Pour contrer les défis posés par l'IA et garantir la crédibilité de l'information, les médias doivent donc renforcer la vérification des informations, la transparence sur l'utilisation de l'IA et la responsabilité éditoriale.
Chaque donnée, image ou texte généré à l'aide de l'IA doit faire l'objet d'une vérification rigoureuse avant sa publication, a indiqué Kamel Mansari devant les professionnels de la "première ligne éditoriale".
Il a en outre appelé des plateformes telles que le Sommet mondial des médias à mettre à disposition des outils de vérification open source et des infrastructures partagées.
Hervé Azoulay a pour sa part déclaré qu'aucune partie ne pouvait, à elle seule, répondre à l'ensemble des défis posés par les transformations numériques. "Nous avons besoin de dialogue entre les médias, les entreprises technologiques, les chercheurs et les institutions publiques", a-t-il noté.
Les échanges entre les organes de presse sont très importants, a déclaré Mohamed Compaoré, appelant à un partage d'expérience et à un apprentissage mutuel.
Selon des participants africains, Xinhua possède une expérience institutionnelle considérable et un rayonnement international. Les médias africains apportent quant à eux des points de vue singuliers et une connaissance approfondie du terrain.
Selon Hervé Azoulay, l'IA peut devenir un instrument de manipulation et de fragmentation, mais aussi un outil de dialogue, de création et de rapprochement entre les peuples.
Certains participants ont appelé à veiller à ce que l'IA devienne un pont plutôt qu'un obstacle, un vecteur d'inclusion plutôt que d'exclusion, et un instrument de progrès partagé plutôt que d'inégalité.
D'après ces participants, le progrès doit rester au service de l'humanité et l'avenir de la communication mondiale doit être intelligent, mais surtout inclusif.
Le 7e Sommet mondial des médias rassemble près de 500 délégués issus de quelque 330 médias de premier plan, groupes de réflexion, départements gouvernementaux et organisations internationales, représentant 112 pays et régions du monde.
Le mécanisme du Sommet mondial des médias, lancé en 2009, constitue une importante plateforme mondiale de haut niveau consacrée aux échanges et à la coopération entre médias. Fin
