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(Multimédia) Les micro-séries, nouveau terrain de coopération entre la Chine et l'Europe (REPORTAGE)

French.news.cn | 2026-10-30 à 20:09

Cette photo montre le lieu de tournage d'un micro-drame au Centre international de la vidéo courte de Shanghai, dans l'est de la Chine. (Xinhua)

Des épisodes de quelques minutes, des intrigues au rythme soutenu et des images tournées à la verticale pour les écrans des smartphones : en plein essor en Chine, les micro-séries commencent à faire leur chemin en Europe. Le 27 octobre, le Sommet sino-européen des micro-dramas a réuni au musée Guimet, à Paris, des professionnels des deux continents pour explorer les possibilités de coopération offertes par ce format audiovisuel.

PARIS, 30 octobre (Xinhua) -- Des épisodes de quelques minutes, des intrigues au rythme soutenu et des images tournées à la verticale pour les écrans des smartphones : en plein essor en Chine, les micro-séries commencent à faire leur chemin en Europe. Le 27 octobre, le Sommet sino-européen des micro-dramas a réuni au musée Guimet, à Paris, des professionnels des deux continents pour explorer les possibilités de coopération offertes par ce format audiovisuel.

Organisée conjointement par l'Association européenne des micro-dramas et le label français de production Mini Clap, cet événement a rassemblé des producteurs, des créateurs et des représentants d'institutions chinoises et européennes autour des perspectives de création commune, de diffusion internationale et d'innovation technologique.

"Les vidéos courtes et les micro-séries changent notre manière de regarder des histoires, de découvrir des cultures et de consommer des contenus", a déclaré dans son discours d'ouverture Zhong Cheng, président du groupe Guang Hua Cultures et Média et directeur de publication du quotidien Nouvelles d'Europe, auquel est lié le label Mini Clap. Selon lui, la Chine a développé un système de production et acquis une expérience du marché dans ce secteur, tandis que l'Europe possède une riche tradition audiovisuelle, des talents créatifs et une grande diversité culturelle. "Explorer de nouveaux marchés pour ces contenus, telle est l'ambition qui nous a conduits à organiser ce sommet", a-t-il expliqué.

En Chine, les micro-séries ont trouvé un large public sur des plateformes comme Douyin, Hongguo ou Xiaohongshu. Si les romances y occupent une place importante, les producteurs explorent également des sujets liés au patrimoine, à la gastronomie et à la vie locale.

A Changsha, chef-lieu de la province chinoise du Hunan (centre-sud), une micro-série inspirée des découvertes archéologiques de Mawangdui a ainsi fait revivre les traditions culinaires de la dynastie Han. Selon Hunan Fengmang Media, qui a présenté plusieurs de ses productions lors du sommet, cette série a enregistré plus de 30 millions de vues en trois jours. D'autres œuvres, comme "Doux rêves à Changsha" et "Je suis chef cuisinier à Xiangtan", mettent respectivement en valeur la vie urbaine et les spécialités gastronomiques locales.

Selon Song Ruinan, représentante de Hunan Fengmang Media, ces productions contribuent à faire connaître les destinations qu'elles mettent en scène et à susciter l'intérêt des touristes. "La prochaine destination pourrait être Paris, la Provence ou n'importe quelle ville européenne", a-t-elle indiqué, évoquant ainsi de nouvelles perspectives de coopération entre les professionnels chinois et européens, notamment dans les secteurs de l'audiovisuel et du tourisme.

Si la Chine possède déjà un écosystème bien développé, la France commence à son tour à explorer ce nouveau format. Lors du sommet, le producteur audiovisuel Guillaume Sanjorge a présenté son application de micro-séries, baptisée Duanju, du terme chinois désignant ce format. Son logo associe un coq, symbole de la France, au mot mandarin "duanju". Il a expliqué avoir choisi ce nom en hommage au rôle joué par la Chine dans le développement de cette industrie, estimant par ailleurs que le terme anglais micro-drama ne reflète pas toute la diversité du format, qui comprend aussi bien des romances que des comédies.

Au-delà de son application, Guillaume Sanjorge souhaite développer un réseau de diffusion et de production pour faire découvrir les micro-séries chinoises au public européen et mettre en valeur aussi des créations françaises. "J'espère que la France saura s'approprier ce nouvel élan et construire avec la Chine des échanges culturels féconds et créatifs autour de ces nouvelles écritures", a-t-il dit.

L'intelligence artificielle pourrait ouvrir des perspectives de coopération encore plus larges entre la Chine et l'Europe, notamment grâce à l'essor en Chine de modèles de génération vidéo. Lors du sommet, Hunan Fengmang Media a présenté ses projets de micro-séries générées par IA destinées aux marchés internationaux, évoquant notamment le potentiel de sujets inspirés de l'histoire et des mythologies européennes.

De son côté, Guillaume Sanjorge a insisté sur la nécessité de préserver la place des comédiens, même lorsque les décors sont virtuels. "On utilise la technologie pour faire et pour développer des projets avec des humains", a-t-il souligné, en évoquant notamment la possibilité de financer des tournages avec de vrais acteurs grâce aux revenus générés par des productions utilisant l'IA.

Pour Zhong Cheng, qui a été témoin de plusieurs bouleversements technologiques dans les médias au cours de sa carrière, l'essor des micro-séries et de l'IA s'inscrit dans une transformation plus large du secteur audiovisuel. "Nous sommes réunis ici non seulement pour discuter d'une nouvelle forme audiovisuelle, mais aussi pour explorer ensemble de nouvelles possibilités de coopération culturelle à l'ère numérique", a-t-il déclaré.

Afin d'inscrire cette coopération dans la durée, il a proposé trois pistes : développer les coproductions sino-européennes et leur adaptation aux marchés locaux, mettre en place des circuits de distribution stables et conformes aux réglementations, et renforcer les partenariats dans les domaines de l'IA et de la formation des talents, notamment avec les établissements d'enseignement supérieur. Ces perspectives pourraient permettre aux professionnels chinois et européens de dépasser le stade des échanges pour faire émerger des projets audiovisuels communs.

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