DAKAR, 28 octobre (Xinhua) -- La lutte contre la corruption et le renforcement de la discipline au sein du Parti communiste chinois (PCC) contribuent à responsabiliser les cadres et à améliorer la mise en œuvre des politiques publiques, estime le chercheur malien Yoro Diallo.
Dans un entretien récemment accordé à Xinhua à l'approche de la cinquième session plénière du 20e Comité central du PCC, ce chercheur principal à l'Institut d'études africaines de l'Université normale du Zhejiang, également directeur exécutif du Centre d'études des pays africains francophones, a souligné le lien entre la rigueur dans la gestion du PCC et l'efficacité de la gouvernance sur le long terme.
Selon lui, la place accordée à la lutte anticorruption et à la discipline vise notamment à "éradiquer les abus de pouvoir, à renforcer la responsabilité des cadres et à améliorer l'exécution des politiques publiques".
Il considère ainsi la capacité du PCC et de l'Etat à se réformer dans la continuité comme un facteur essentiel à la pérennité du développement et à la paix sociale. Cette capacité suppose d'adapter les politiques aux réalités économiques, sociales et culturelles, d'en évaluer les résultats et de corriger les insuffisances, a-t-il expliqué.
Pour M. Diallo, les progrès réalisés par la Chine au cours des dernières décennies s'expliquent par plusieurs facteurs complémentaires : la planification stratégique à long terme, notamment les plans quinquennaux, la réforme et l'ouverture, les investissements dans les infrastructures et une politique de développement centrée sur le peuple, sous la direction du PCC.
Le PCC "joue un rôle central dans la définition des orientations nationales et la coordination de leur mise en œuvre", a-t-il relevé, citant la lutte contre l'extrême pauvreté parmi les résultats majeurs de cette démarche.
Cette articulation entre vision à long terme et capacité d'exécution constitue, à ses yeux, une piste de réflexion pour les pays africains. Il a notamment souligné l'importance d'une "administration compétente, capable de traduire les stratégies nationales en résultats concrets".
Au-delà des investissements dans les infrastructures, la formation, les sciences et les technologies, M. Diallo préconise de faire de la lutte contre la pauvreté une priorité nationale et de développer l'industrialisation ainsi que la transformation locale des ressources.
"La lutte contre la corruption, la discipline dans la gestion et l'évaluation régulière des politiques constituent également des leviers importants", a-t-il ajouté.
Ces enseignements doivent toutefois être appréciés en fonction des situations propres à chaque pays, a souligné le chercheur.
"L'enseignement essentiel à retenir n'est pas de reproduire mécaniquement le modèle de développement et de modernisation de la Chine", a-t-il déclaré, mais d'identifier les pratiques pouvant être adaptées aux réalités, aux priorités nationales et aux aspirations de chaque pays africain. Fin
