Au bord de la rivière Chishui, un peintre français retrace vingt ans de liens avec la Chine - Xinhua - french.news.cn

Au bord de la rivière Chishui, un peintre français retrace vingt ans de liens avec la Chine

French.news.cn | 2026-10-22 à 11:21

GUIYANG, 22 octobre (Xinhua) -- Rentré à Maotai, au bord de la rivière Chishui, dans la province chinoise du Guizhou (sud-ouest), après une dizaine d'années, Rémy Aron, président de la Maison des Artistes, retrouve un paysage où la beauté naturelle, l'histoire et la vie quotidienne se rejoignent -- un paysage qui, dès son arrivée, l'attire de nouveau.

"Je suis descendu hier soir sur la berge et j'ai dessiné la rivière", confie-t-il à l'Agence de presse Xinhua lors d'un entretien récent. Les ponts ornés de drapeaux rouges le long de la rivière ont également retenu son attention. Avec plus de temps, ajoute-t-il, il aimerait saisir cette scène dans ses tableaux.

Pour M. Aron, ce séjour est bien plus qu'une occasion de découvrir un nouveau paysage. C'est un nouveau chapitre de sa relation artistique avec la Chine qui s'est développée sur plus de deux décennies.

Le peintre français a beaucoup voyagé à travers la Chine, parcourant villes, villages et régions montagneuses, peignant souvent aux côtés d'artistes chinois et échangeant avec les communautés locales.

Parmi ses souvenirs les plus précieux figure un séjour de peinture de quinze jours dans un village de Wenzhou, dans la province orientale du Zhejiang, où il a rejoint un groupe de dix artistes.

"Nous peignions dans de petits villages, à la campagne, avec des paysans et des gens ordinaires", se souvient-il.

Ce qui l'a le plus marqué, ce n'est pas seulement le paysage, mais la chaleur et l'attention des habitants.

"L'atmosphère était magnifique, et elle me touche encore profondément", dit-il.

Ses voyages artistiques l'ont également conduit dans les jardins classiques de Suzhou, au bord du pittoresque lac de l'Ouest à Hangzhou et dans des montagnes près de Kunming.

Pourtant, l'une de ses rencontres artistiques les plus marquantes remonte à près de vingt ans, lors de sa première visite au mont Huangshan, dans l'est de la Chine.

Ce paysage de montagne, note-t-il, lui a ouvert les yeux sur le lien entre la peinture chinoise et la nature.

Entouré de sommets, il a eu l'impression d'entrer dans une peinture chinoise traditionnelle de paysage, une expérience qui l'a aidé à comprendre comment les artistes chinois puisent leur inspiration dans le monde naturel et forgent un langage artistique où montagnes, paysages et émotions humaines sont profondément liés.

Pour lui, peindre en Chine ne consiste pas simplement à reproduire un paysage. Il s'agit aussi de partager des expériences et de découvrir d'autres façons de voir le monde.

A Maotai, M. Aron est attiré autant par l'histoire que par le paysage. La rivière Chishui est connue pour les traversées de l'Armée rouge lors de la Longue Marche en 1935 -- une histoire qui le fascine, confie-t-il. Mais en tant que peintre, il est tout autant séduit par ce que le paysage lui-même peut offrir. "Je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire avec la peinture de paysage à Maotai", estime-t-il, souhaitant davantage d'activités artistiques dans la région.

Maotai est réputé pour son spiritueux éponyme, le Maotai. M. Aron, lui, garde un souvenir amusant du baijiu, l'alcool blanc chinois. Il y a plus de vingt ans, lors d'une réception dans la ville méridionale de Zhuhai, il a découvert le baijiu. Peu familier des usages locaux, il a multiplié les toasts, jusqu'à ce que, après d'innombrables "ganbei" (cul sec), il n'ait plus pu se lever. Il connaît désormais les variétés de baijiu à travers la Chine et, du Maotai, qu'il décrit comme quelque chose capable de rassembler les gens et d'inspirer la poésie.

Né à Suresnes en France en 1952, diplômé des Beaux-Arts de Paris, M. Aron a été nommé chercheur étranger de l'Académie nationale de peinture de Chine en 2014.

Les liens qui l'unissent à la Chine vont bien au-delà de ses voyages. Il a fréquenté des académies d'art chinoises et a animé une masterclass à Guangzhou.

Ce qui l'a particulièrement impressionné, c'est l'importance que l'enseignement artistique chinois continue d'accorder aux compétences traditionnelles et à une formation rigoureuse.

A l'heure où l'art conceptuel s'est imposé en France, M. Aron estime que l'accent maintenu par la Chine sur la formation artistique traditionnelle constitue un enseignement précieux.

"Ces traditions ont été préservées en Chine, et c'est extrêmement important", souligne-t-il, ajoutant que leur portée dépasse les frontières chinoises.

Il espère faire découvrir au public européen la formation dispensée par les grandes académies d'art chinoises, convaincu que beaucoup, en Europe, en ignorent encore la profondeur et la qualité.

M. Aron œuvre depuis longtemps à la promotion des échanges artistiques entre la Chine et la France. Pour lui, des échanges réguliers entre artistes sont essentiels pour favoriser la compréhension mutuelle.

Alors que son voyage touche à sa fin, les paysages et les rencontres de Chine continuent d'offrir à M. Aron une inspiration renouvelée. Mais sa conviction, elle, n'a pas changé : "Je suis convaincu, depuis mes premières visites, que les relations entre les artistes chinois et français sont absolument essentielles et très importantes", souligne-t-il. Fin

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