BEIJING, 17 octobre (Xinhua) -- Les quatre principes pour la participation constructive de toutes les parties au règlement des points chauds en Afrique, proposés par le président chinois Xi Jinping, correspondent aux aspirations du continent à une paix durable, fondée sur le leadership africain, l'équité et la justice, la cessation des hostilités et le développement à long terme, ont estimé des personnalités politiques et des experts africains.
M. Xi a présenté mardi ces quatre principes à l'occasion de la visite officielle en Chine de Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil des ministres du Togo. Premièrement, adhérer au principe de "leadership africain". Deuxièmement, défendre l'équité et la justice. Troisièmement, œuvrer à la cessation des hostilités pour parvenir à la paix. Quatrièmement, traiter à la fois le symptôme et la cause profonde.
Ces principes font écho à l'Agenda 2063 de l'Union africaine (UA) et pourraient contribuer à construire l'Afrique pacifique, souveraine et prospère qu'elle a promise à ses peuples, a noté Gérard Njoya, sociologue et rédacteur en chef du site Actu Chine-Cameroon.
Des personnalités politiques et des experts ont dit apprécier notamment le soutien chinois au principe de "leadership africain". Pour Emmanuel Yenshu Vubo, un politologue camerounais, les Africains doivent prendre en main la gouvernance de leurs pays et la résolution de leurs problèmes. Pour lui, "l'Afrique doit être maîtresse de son propre destin".
"Le leadership africain est fondamental : une solution durable doit être comprise, acceptée et portée par les sociétés concernées. Les partenaires extérieurs peuvent apporter leur soutien, mais les Africains doivent conserver la maîtrise des décisions qui engagent leur avenir", a souligné Harouna Niang, ancien ministre malien de l'Industrie, du Commerce et de la Promotion des investissements.
Selon Claudio Rabenja, expert malgache en économie et en relations internationales, "la position chinoise rejoint ainsi une aspiration légitime des Etats africains : sortir d'une logique dans laquelle le continent serait principalement un terrain de rivalités entre grandes puissances, pour devenir un acteur autonome dans la définition de son avenir".
Les experts africans ont également souligné l'importance du respect du droit international, de la souveraineté des Etats et de la recherche de solutions politiques, ce qui est mis en avant par M. Xi. Toutes les parties prenantes doivent respecter les buts et principes de la Charte des Nations Unies, ainsi que la souveraineté et l'intégrité territoriale des pays concernés.
"L'équité et la justice consistent à préserver l'égalité de traitement, à prendre en compte les intérêts de toutes les parties et à ne pas imposer de résultats", a poursuivi M. Vubo.
Pour sa part, M. Rabenja a estimé que "cette approche peut contribuer à créer un environnement international dans lequel les gouvernements africains disposent d'une plus grande marge de manœuvre pour définir leurs politiques et rechercher des solutions adaptées à leurs réalités nationales".
Le principe d'œuvrer à la cessation des hostilités pour parvenir à la paix, rejoint l'initiative de l'UA visant à "faire taire les armes" en appelant à privilégier les consultations, le respect mutuel et les concessions réciproques, a observé M. Njoya.
"Le dialogue, les consultations et les concessions mutuelles constituent des instruments essentiels de prévention et de résolution des conflits. L'expérience montre que la confrontation militaire, lorsqu'elle n'est pas accompagnée d'un processus politique crédible, peine à éliminer les causes profondes des violences", a noté M. Rabenja.
"Lorsqu'il y a une pénurie de moyens de subsistance, la paix commence à disparaître", selon l'ancien Premier ministre bissau-guinéen Antonio Artur Sanha, qui a salué le principe appelant à traiter à la fois le symptôme et la cause profonde. L'amélioration des conditions de vie, la formation et l'emploi des jeunes sont essentiels à la stabilité, a-t-il souligné.
Les efforts doivent se concentrer sur la sécurité immédiate tout en planifiant le développement à long terme, a déclaré M. Xi. "Le lien entre sécurité et développement est décisif. Il faut protéger les populations tout en leur donnant accès à l'éducation, aux soins, à l'eau, à l'énergie et à des activités productives", a noté M. Niang.
Ces quatre principes, qui "associent la responsabilité des Africains, le respect du droit international, la recherche de solutions politiques et le développement à long terme", "peuvent aider les Africains à définir leurs priorités, à construire leurs propres compromis et à mieux coordonner leurs moyens" et "constituent une base pertinente pour accompagner les efforts de paix en Afrique", a-t-il conclu. Fin
