Les constructeurs chinois ont "franchi une étape" en deux ans et "ne viennent plus seulement avec des véhicules électriques compétitifs en prix, mais avec des gammes plus larges", a déclaré Serge Gachot, directeur général du Mondial de l'Auto, dans un entretien accordé à Xinhua à la veille de l'ouverture de l'édition 2026.
PARIS, 12 octobre (Xinhua) -- Les constructeurs chinois ont "franchi une étape" en deux ans et "ne viennent plus seulement avec des véhicules électriques compétitifs en prix, mais avec des gammes plus larges", a déclaré Serge Gachot, directeur général du Mondial de l'Auto, dans un entretien accordé à Xinhua à la veille de l'ouverture de l'édition 2026.
Fondé en 1898, le Mondial de l'Auto de Paris, l'un des plus anciens et des plus fréquentés salons automobiles au monde, se tient cette année du 12 au 18 octobre au Parc des expositions de la porte de Versailles. Organisé tous les deux ans, l'événement de cette édition réunit plus de 60 constructeurs et plus de 100 exposants venus d'Europe, d'Amérique et d'Asie.
L'offre des constructeurs chinois s'est considérablement étoffée depuis la précédente édition du salon, a affirmé M. Gachot. Au total, 16 constructeurs chinois représentant 25 marques, dont Leapmotor, BYD, XPeng, Changan et Dongfeng, participent à l'édition 2026. Ces marques se distinguent notamment par l'importance accordée au design, aux technologies embarquées et à l'expérience numérique, mais aussi par les progrès réalisés en matière de batteries, d'autonomie, de connectivité et de systèmes d'aide à la conduite.
La montée en gamme des constructeurs chinois va de pair avec le renforcement de leur présence en Europe. Selon lui, certaines marques chinoises jouissent aujourd'hui d'une visibilité accrue et d'un ancrage plus solide sur le marché européen qu'au Mondial de l'Auto 2024. Elles développent également leurs activités sur le continent, de la production à la recherche, en passant par la distribution, s'intégrant ainsi davantage à l'écosystème automobile européen.
Le marché européen des véhicules électriques poursuit sa progression. En France, ces véhicules représentaient 30% des ventes de voitures neuves à fin août 2026, contre 20% sur l'ensemble de l'année 2025, tandis qu'en Allemagne, ce chiffre est passé de 19% à 26%. "L'enjeu est désormais de rendre cette offre pertinente pour le plus grand nombre", a dit M. Gachot.
Cette évolution s'inscrit dans une transformation plus large de l'industrie automobile mondiale. "L'électrification, les logiciels, l'intelligence artificielle, la connectivité et la conduite automatisée occupent une place croissante", a observé M. Gachot.
Le Mondial de l'Auto permettra au public de découvrir ces innovations à travers des expériences concrètes : une centaine de véhicules seront proposés à l'essai, avec plus de 5.000 essais prévus, ainsi que des démonstrations de conduite automatisée de niveau L2++, une forme avancée d'aide qui permet au véhicule de gérer simultanément la direction, l'accélération et le freinage.
Pour M. Gachot, les perspectives de coopération entre la Chine et l'Europe dépassent largement le seul secteur automobile. La transformation de cette industrie mobilise désormais un large éventail de compétences et de technologies, allant des batteries à l'électronique, en passant par les logiciels, l'énergie, les infrastructures de recharge et les technologies de production.
Selon lui, la conduite intelligente en est un bon exemple, puisqu'elle associe automobile, capteurs, logiciels, données et intelligence artificielle. "Le potentiel de coopération se situe plutôt dans la capacité des entreprises chinoises et européennes à associer leurs savoir-faire sur l'ensemble de cette chaîne de valeur", a-t-il affirmé.
Evoquant sa visite au Salon automobile de Beijing en avril dernier, M. Gachot s'est dit impressionné par le changement d'échelle de l'industrie automobile chinoise, dont il a pu mesurer l'ampleur et les ambitions à l'international.
"C'est ce qui m'a probablement le plus marqué à Pékin (Beijing) : on n'assiste plus seulement à la progression rapide d'une industrie, mais à une évolution de la conception même de l'automobile", a-t-il conclu.
