Le navire-hôpital "Auspicious Ark", qui mène la Mission "Harmonie-2026", est arrivé mardi en Mauritanie pour une visite amicale de sept jours. La Mauritanie est la première escale de la Mission "Harmonie-2026". Il s'agit de la deuxième visite d'un navire-hôpital de la Marine chinoise dans ce pays.
NOUAKCHOTT, 17 septembre (Xinhua) -- A Nouakchott, capitale de la Mauritanie, la chaleur brouille les contours du paysage, tandis que le vent balaie le sable sur la chaussée. Ce mercredi, alors que la température locale atteignait 42 degrés Celsius dans un quartier d'Arafat, au sud de la ville, une équipe de médecins du navire-hôpital "Auspicious Ark" de la Marine de l'Armée populaire de libération (APL) de Chine, reçoit les habitants en consultation.
Sidi Sabar Zayed est un ouvrier du bâtiment. Il gagne sa vie en portant de lourdes charges pour subvenir aux besoins de sa famille. Des années de travail physique ont mis son dos à rude épreuve.
Pour lui, la douleur a des conséquences immédiates : quand son dos le fait souffrir au point de l'empêcher de se redresser, c'est le revenu de toute la famille qui est menacé.
Le médecin chinois Liu Zikang lui a prescrit un antidouleur, puis lui a montré comment se pencher et soulever les objets en ménageant son dos.
"Toute la famille compte sur moi pour porter des marchandises. Si mon dos lâche, c'est fini", explique l'ouvrier. "Le médecin chinois m'a donné de quoi calmer la douleur, mais il m'a aussi appris à protéger mon dos au travail. Cela aide toute ma famille."
Autour de la consultation, les paroles passent d'une langue à l'autre. La plupart des patients s'expriment uniquement en arabe. Mohamed Diop, collaborateur local de Xinhua, traduit leurs propos en français, puis un journaliste de l'agence les rend en chinois aux médecins. Les questions et les consignes des médecins suivent le chemin inverse.
"Où avez-vous mal ?" "Comment prendre ce médicament ?" Au fil des échanges, derrière les symptômes apparaissent les soucis du quotidien.
L'ophtalmologue Huang Zhen reçoit notamment des patients atteints de cataracte ou de glaucome. D'autres ont besoin de lunettes. Le navire en a apporté, explique-t-elle, mais "les besoins sont importants". Pour les patients dont la cataracte nécessite une opération, elle souhaite organiser une prise en charge à bord.
Arrivé mardi en Mauritanie pour une visite de sept jours assortie de services médicaux, le navire-hôpital "Auspicious Ark" dispose de 18 services cliniques et de cinq services d'aide au diagnostic. Plus de cent soignants, issus d'une vingtaine d'établissements, y sont mobilisés. L'équipe peut pratiquer plus de 60 types d'interventions chirurgicales.
La Mauritanie constitue la première étape de la Mission "Harmonie-2026". C'est la deuxième visite d'un navire-hôpital de la marine chinoise dans le pays.
Pour la médecin Jiang Xiaohua, la satisfaction tient à l'aide concrète apportée aux habitants. Elle se dit "heureuse de pouvoir y contribuer" en tant que médecin chinoise.
Sur place, Mariam Sidi, étudiante en deuxième année de chinois à l'Université de Nouakchott, prête elle aussi main-forte à l'interprétation. C'est la première fois qu'elle participe à une telle consultation médicale gratuite. Evoquant les soignants chinois, elle tient à leur adresser un mot de remerciement : "Ils travaillent très dur".
La présidente de la région de Nouakchott, Fatimatou Abdel Malick, rappelle que la précédente visite de l'"Arche de la paix" (Peace Ark) avait permis à de nombreux habitants de consulter, de recevoir des médicaments et, pour certains, d'être opérés à bord.
Avec la venue de l'"Auspicious Ark", cette aide se poursuit. "C'est important pour nos populations", souligne-t-elle. "Nous remercions vivement nos amis de Chine pour ces interventions."
Dans le quartier, les possibilités de traitement restent limitées. Pour certains patients, la consultation débouche donc sur une orientation vers le navire-hôpital.
Kleithim Ely Belkheir souffre des majeurs des deux mains, douloureux et raides. Ouvrir un robinet ou préparer un repas lui demande désormais de gros efforts.
Liu Zikang diagnostique chez elle une ténosynovite et lui remet lettre d'orientation pour poursuivre les soins à bord du navire-hôpital. Elle la tient précautionneusement entre ses mains, la plie avec soin et la glisse dans une poche. "Je ne pensais pas pouvoir consulter tout près de chez moi, puis aller me faire soigner sur ce 'grand bateau blanc' au port", confie-t-elle.
Ce jour-là, l'équipe a reçu plus de 200 habitants. Plus de 40 ont été orientés vers le navire-hôpital.
A l'issue de cette journée, les mots de Mme Belkheir sont restés dans l'esprit : "Pour nous, la venue des médecins chinois est vraiment aussi précieuse que l'eau dans le désert du Sahara".■
