Le film chinois "Lettres d'amour de ma grand-mère" sort en France, sur les traces des Qiaopi et de la mémoire familiale - Xinhua - french.news.cn

Le film chinois "Lettres d'amour de ma grand-mère" sort en France, sur les traces des Qiaopi et de la mémoire familiale

French.news.cn | 2026-09-03 à 16:03

PARIS, 3 septembre (Xinhua) -- Le film chinois "Lettres d'amour de ma grand-mère" (Dear You, en anglais), succès surprise du box-office chinois malgré un budget d'un peu plus de 10 millions de yuans (1,5 million de dollars), est sorti mercredi dans les salles françaises.

Tourné principalement en teochew, dialecte de la région du Chaoshan, dans le sud de la Chine, ce film raconte l'histoire de familles séparées par l'émigration vers l'Asie du Sud-Est. Son fil conducteur est constitué par les Qiaopi, des courriers envoyés par les Chinois d'outre-mer à leurs proches restés au pays natal, souvent accompagnés d'envois de fonds.

Dans le dialecte du Chaoshan, "pi" signifie "lettre". Ces documents, à la fois correspondances familiales et pièces attestant des envois de fonds, furent pendant des décennies un lien essentiel entre les émigrés et leur terre natale. Ils contribuèrent également à promouvoir et à faciliter les échanges culturels et humains entre la Chine et le reste du monde aux XIXe et XXe siècles. En 2013, les "Qiaopi et Yinxin : correspondances et documents de transferts de fonds des émigrés chinois vivant à l'étranger" ont été inscrits par l'UNESCO au Registre international de la Mémoire du monde.

Dans sa critique, le journal français Le Monde présente l'œuvre du réalisateur chinois Lan Hongchun comme un "mélodrame fermement ancré dans les valeurs traditionnelles chinoises", qui traverse quatre décennies d'une histoire familiale marquée par le départ vers la Thaïlande. Ancré dans le Chaoshan, région natale du cinéaste, le film apparaît, selon le quotidien, comme "un concentré des notions ancestrales de la solidarité familiale, de la résilience et du sacrifice de soi", tout en faisant prévaloir les valeurs morales sur les valeurs monétaires.

Boris Pugnet, président du distributeur Space Odyssey, avait découvert le film lors d'une projection au Marché du film pendant le Festival de Cannes 2026. Il a dit avoir été touché par "un scénario assez fort" et par les sacrifices consentis par les familles.

Selon lui, "la finalité du cinéma est de procurer des émotions, quel que soit le budget". Dans le cas de ce film, "le scénario, la fraîcheur des acteurs et le fait que de nombreuses familles puissent se reconnaître dans cette histoire transgénérationnelle compensent largement la modestie du budget". Il estime par ailleurs que le marché chinois accorde une place croissante aux films qui racontent aussi bien "la grande Histoire que la petite histoire des gens ordinaires".

Daniel Tran, conseiller de Paris et conseiller délégué du 13e arrondissement de Paris, avait vu le film en juillet lors d'une avant-première organisée à Paris. Il a dit avoir été profondément ému par cette histoire d'exil, d'amour et de transmission. Selon lui, le film peut toucher bien au-delà de la diaspora chinoise et donner envie aux spectateurs de mieux connaître l'histoire de leur propre famille, tout en revêtant un intérêt général en permettant de mieux comprendre la diversité des parcours chinois en France.

Il souhaite aussi voir émerger une nouvelle vague de cinéastes chinois capables, avec "pas forcément de grosses productions", de "toucher le cœur" du public, et voir davantage de leurs films arriver en France. Fin

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