(Multimédia) RDC/Ebola : un bateau de transport de passagers intercepté aux portes de Kinshasa après un cas suspect (PAPIER GENERAL) - Xinhua - french.news.cn

(Multimédia) RDC/Ebola : un bateau de transport de passagers intercepté aux portes de Kinshasa après un cas suspect (PAPIER GENERAL)

French.news.cn | 2026-08-06 à 10:28

Des professionnels de santé procèdent à des opérations de désinfection dans un centre de traitement d'Ebola à Bunia, capitale de la province d'Ituri en République démocratique du Congo (RDC), le 6 juillet 2026. (Xinhua)

Les autorités sanitaires de RDC ont intercepté un bateau de transport de passagers à une soixantaine de kilomètres de Kinshasa et déployé un laboratoire mobile pour tester l'ensemble des personnes à bord, après le décès d'un ancien passager présentant des symptômes suspects d'Ebola.

KINSHASA, 5 août (Xinhua) -- Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo (RDC) ont intercepté un bateau de transport de passagers à une soixantaine de kilomètres de Kinshasa et déployé un laboratoire mobile pour tester l'ensemble des personnes à bord, équipage compris, après le décès d'un ancien passager présentant des symptômes suspects d'Ebola, alors que l'épidémie frôle les 4.000 cas confirmés dans le pays.

L'embarcation est maintenue à environ 65km du centre de la capitale, a indiqué le ministre de la Santé, Roger Kamba, lors d'une intervention à la télévision nationale. Selon lui, l'alerte concerne un passager ayant débarqué dans la zone de santé de Pimu, dans la province de la Mongala, dans le nord-ouest du pays. Ce dernier a présenté des symptômes après avoir quitté le bateau, avant de se rendre dans un établissement de santé où il est décédé.

Le signalement de ce décès a conduit les autorités à suivre l'itinéraire de l'embarcation, puis à l'intercepter afin de procéder au dépistage des personnes restées à bord. "Nous n'avons pas dit que c'était Ebola. Nous avons dit qu'il y a eu un cas suspect pour lequel nous sommes prudents", a souligné M. Kamba, précisant qu'aucun autre décès n'avait été enregistré parmi les passagers et les membres de l'équipage.

Lors d'une conférence de presse tenue plus tard dans la journée à Kinshasa, le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya a indiqué que le bateau provenait de la province de la Tshopo, l'une des cinq provinces touchées par l'épidémie. Le passager décédé avait notamment présenté de la fièvre et de la diarrhée, a-t-il précisé.

Des équipes de l'Institut national de recherche biomédicale ont été déployées sur place pour effectuer les prélèvements et les analyses. D'autres embarcations ainsi que du personnel supplémentaire ont également été mobilisés, tandis qu'un cordon sanitaire et sécuritaire a été établi autour du bateau, selon M. Muyaya.

Cité par les médias locaux, le directeur général de l'Institut national de santé publique, Dieudonné Mwamba, a appelé les habitants de Kinshasa à ne pas céder à la panique. Aucun cas d'Ebola n'a jusqu'à présent été confirmé à Kinshasa, une mégapole de près de 20 millions d'habitants. La capitale ne figure pas parmi les cinq provinces actuellement touchées, à savoir l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uélé.

Cette alerte est intervenue le jour même où le président congolais Félix Tshisekedi a présidé à Kinshasa une réunion de haut niveau consacrée au renforcement de la riposte nationale contre l'épidémie. La réunion s'est tenue en présence notamment du directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, et du directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, Jean Kaseya.

Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance épidémiologique et la mobilisation communautaire, notamment auprès des responsables religieux, des chefs traditionnels et des organisations de jeunes. Ils ont également appelé à mieux protéger le personnel de santé et à détecter plus rapidement les malades, afin de réduire le nombre de décès survenant à domicile ou au sein des communautés, selon la présidence congolaise.

De son côté, l'organisation médicale internationale Médecins sans frontières (MSF) a averti mercredi que la situation dans l'est de la RDC demeure "plus critique que jamais". L'épidémie continue de se propager à un rythme "alarmant et sans précédent", sans montrer de signe de ralentissement, a poursuivi MSF, appelant à accélérer la riposte au niveau communautaire.

Selon les dernières données officielles, arrêtées à mardi, la RDC a enregistré 3.973 cas confirmés, dont 1.801 décès et 776 guérisons, depuis la déclaration de l'épidémie le 15 mai.

Provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, cette épidémie est désormais la plus importante jamais enregistrée dans le pays. Aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n'est actuellement disponible contre cette souche.

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