L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) continue de progresser plus rapidement que les capacités de riposte, alors que le nombre de cas confirmés approche les 3.900, a indiqué mardi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
KINSHASA, 4 août (Xinhua) -- L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) continue de progresser plus rapidement que les capacités de riposte, alors que le nombre de cas confirmés approche les 3.900, a indiqué mardi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
"L'épidémie continue malheureusement de progresser au-delà des capacités de la riposte", a déclaré le porte-parole de l'OMS, Tarik Jasarevic, lors d'un point de presse des Nations Unies à Genève.
Il a indiqué qu'il s'agissait désormais de la plus importante épidémie d'Ebola jamais enregistrée en RDC, appelant à davantage de financements et de ressources pour renforcer les capacités de traitement, les équipes d'investigation sur le terrain, les équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés ainsi que les agents communautaires.
La RDC avait enregistré, à la date de lundi, 3.874 cas confirmés, dont 1.751 décès, selon le dernier rapport de situation publié mardi par les autorités sanitaires congolaises. Le taux de létalité s'établissait à 45,1%. L'épidémie s'est étendue à 51 zones sanitaires réparties dans les provinces de l'Ituri, du Nord-Kivu, du Haut-Uélé, de la Tshopo et du Sud-Kivu. L'Ituri demeure l'épicentre de l'épidémie, concentrant 87,1% de l'ensemble des cas confirmés.
Le Dr. Vasee Moorthy, responsable par intérim du programme R&D Blueprint de l'OMS, a déclaré mardi lors du point de presse à Genève qu'il n'existait toujours aucun traitement, médicament prophylactique ou vaccin dont l'innocuité et l'efficacité contre la souche Bundibugyo du virus Ebola, responsable de l'épidémie actuelle, aient été démontrées.
Parallèlement, le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), Jean Kaseya, est arrivé mardi à Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri, afin d'évaluer la riposte aux côtés de représentants de l'OMS et d'autres partenaires.
M. Kaseya a estimé que cette mission devrait permettre d'évaluer les mesures qui fonctionnent, d'identifier les domaines nécessitant un renforcement urgent et d'écouter les communautés ainsi que les équipes de première ligne.
"Chaque retard laisse davantage de terrain au virus", a-t-il prévenu dans une publication sur les réseaux sociaux, citant parmi les priorités la détection rapide de chaque cas, le suivi de tous les contacts, la protection des agents de santé ainsi que le rapprochement des services de dépistage et de soins des communautés touchées.
La 17e épidémie d'Ebola enregistrée en RDC a été déclarée le 15 mai. Elle évolue dans un contexte marqué par les mouvements de populations, les activités minières artisanales, les déplacements transfrontaliers et la persistance des violences armées dans l'est du pays, autant de facteurs qui, selon les autorités sanitaires, entretiennent la transmission et compliquent les opérations de riposte.■
