DAKAR, 10 juillet (Xinhua) -- L'expérience de développement de la Chine, ses avancées technologiques et l'approfondissement de la coopération sino-africaine ouvrent de nouvelles perspectives au Sénégal et au continent africain, ont souligné des personnalités sénégalaises lors d'un colloque organisé jeudi à Dakar par l'ambassade de Chine au Sénégal à l'occasion du 105e anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois (PCC).
Pour Ansoumane Bayo Dieng, conseiller à la direction Asie, Pacifique et Moyen-Orient du ministère sénégalais de l'Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'Extérieur, le partenariat entre le Sénégal et la Chine s'inscrit à la fois dans une dynamique bilatérale et dans un contexte multilatéral plus large.
"Tout le monde doit saluer ce niveau de partenariat entre nos deux pays", a-t-il dit, notant que, malgré les perturbations géopolitiques actuelles, la Chine a su maintenir son dynamisme économique.
M. Dieng a tenu à rappeler que la coopération sino-sénégalaise ne se limitait pas aux échanges bilatéraux. Selon lui, la politique chinoise du traitement tarifaire nul en faveur de 53 pays africains constitue une décision importante pour le renforcement des échanges commerciaux et les autorités sénégalaises y voient un facteur susceptible de consolider davantage la coopération entre les deux pays.
Habibou Dia, directeur de la communication au ministère de la Communication et des Relations avec les Institutions, a pour sa part insisté sur les avancées chinoises dans les domaines de l'intelligence artificielle (IA), de l'industrie automobile intelligente et des infrastructures numériques.
Bénéficiaire d'un programme de formation à l'Université de Pékin (PKU), M. Dia a eu l'occasion de visiter, en Chine, le port de Shanghai, des usines de véhicules électriques intelligents, ainsi que des laboratoires consacrés aux humanoïdes et à l'entraînement d'agents d'IA. Ces visites, a-t-il dit, l'ont convaincu de l'importance de l'expérience chinoise pour les pays africains qui cherchent à réduire leurs retards technologiques.
Selon lui, l'IA représente un domaine dans lequel les pays africains ont besoin de partenariats solides afin de renforcer leurs capacités technologiques et leurs connaissances.
La dimension culturelle de la coopération a été mise en avant par Abdou Simbandy Diatta, directeur général du Musée des civilisations noires. Il a rappelé qu'une récente mission en Chine conduite avec une délégation du ministère sénégalais de la Culture, de l'Artisanat et du Tourisme lui avait permis de mieux mesurer les perspectives de coopération culturelle entre les deux pays.
"La culture ne connaît pas de frontières continentales", a-t-il assuré, plaidant pour la construction de "ponts" entre l'Afrique et l'Asie à travers des résidences croisées d'artistes, des échanges entre sculpteurs, plasticiens, danseurs et troupes de théâtre.
M. Diatta a également évoqué la nécessité d'une réflexion commune sur l'usage du numérique au service du patrimoine. Selon lui, la préservation de la mémoire culturelle à l'ère de l'IA constitue un défi qu'aucun pays ne peut relever seul.
"Le véritable test d'un partenariat ne se mesure pas seulement aux accords signés entre nos gouvernements, mais à la capacité de nos peuples à se reconnaître, à se comprendre et à créer ensemble", a-t-il souligné.
El Hadj Hamidou Kassé, ancien ministre-conseiller à la présidence sénégalaise, replace la coopération sino-africaine dans une perspective démographique et économique. Il a rappelé que la Chine et l'Afrique totalisaient près de trois milliards d'habitants et que l'Afrique disposait d'une population jeune, d'une masse critique de cadres dans des domaines comme le numérique, l'IA et la robotique, ainsi que d'importantes ressources naturelles et terres arables.
A ses yeux, ces atouts donnent au partenariat sino-africain une portée particulière, à condition qu'il soit orienté vers le développement conjoint. La Chine est un grand pays, "au sens où aujourd'hui, sur la scène internationale, rien ne peut se décider sans elle", a-t-il conclu. Fin
