(Multimédia) Ebola : l'OMS alerte sur une épidémie s'intensifiant toujours avec plus de 1.700 cas confirmés en RDC (PAPIER GENERAL) - Xinhua - french.news.cn

(Multimédia) Ebola : l'OMS alerte sur une épidémie s'intensifiant toujours avec plus de 1.700 cas confirmés en RDC (PAPIER GENERAL)

French.news.cn | 2026-07-08 à 13:59

Des professionnels de santé enfilent des combinaisons de protection dans un centre de traitement d'Ebola à Bunia, capitale de la province d'Ituri en République démocratique du Congo (RDC), le 6 juillet 2026. Le bilan de l'épidémie d'Ebola qui sévit actuellement en RDC a dépassé les 500 morts, selon un rapport publié dimanche par les autorités sanitaires du pays. (Xinhua)

La République démocratique du Congo (RDC) a annoncé mardi avoir rapporté plus de 1.700 cas confirmés d'Ebola, alors que la dernière épidémie continue de s'intensifier dans l'est du pays, une région en proie aux conflits, avec une ampleur réelle de la transmission encore incertaine et des structures de prise en charge sous pression croissante, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

KINSHASA, 7 juillet (Xinhua) -- La République démocratique du Congo (RDC) a annoncé mardi avoir rapporté plus de 1.700 cas confirmés d'Ebola, alors que la dernière épidémie continue de s'intensifier dans l'est du pays, une région en proie aux conflits, avec une ampleur réelle de la transmission encore incertaine et des structures de prise en charge sous pression croissante, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Au 6 juillet, la RDC avait enregistré 1.708 cas confirmés, dont 580 décès, a annoncé mardi le gouvernement congolais.

Selon un rapport publié mardi par le Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique, l'épidémie en RDC "continue de s'intensifier", sous l'effet d'une transmission soutenue dans des zones de santé considérées comme des foyers actifs dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu, de l'augmentation du nombre de décès communautaires et de la propagation de l'infection vers des zones de santé jusque-là non touchées.

Le risque de santé publique en RDC reste "très élevé", a indiqué l'OMS, avertissant que la transmission soutenue et généralisée continuait de dépasser les capacités actuelles de riposte.

"L'ampleur réelle n'a pas encore été pleinement établie", a déclaré Anne Ancia, représentante de l'OMS en RDC, s'exprimant depuis Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri et épicentre de l'épidémie.

"Nous aimerions dire qu'elle se stabilise, mais franchement, nous ne pouvons pas encore le dire", a-t-elle ajouté.


CHAINES DE TRANSMISSION MAL IDENTIFIEES


L'épidémie, déclarée le 15 mai, se développe dans des zones déjà marquées par les conflits armés, les déplacements massifs de population et des services de santé surchargés. Elle touche principalement les provinces de l'Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l'est de la RDC.

Selon le rapport de l'OMS, les décès survenant avant l'admission dans les structures de traitement restent une source majeure de préoccupation en RDC. Parmi 430 décès confirmés ayant fait l'objet d'une investigation au 5 juillet, 397, soit 92,3%, sont survenus dans la communauté ou avant l'admission dans une structure de traitement. Cette forte proportion de décès communautaires met en évidence des lacunes persistantes dans la surveillance, l'orientation et l'isolement.

Le suivi des contacts s'est amélioré, mais reste insuffisant pour interrompre rapidement la transmission. Au 5 juillet, 12.412 contacts faisaient l'objet d'un suivi en RDC. Cependant, seulement 32,4% des cas confirmés avaient été détectés grâce au suivi des contacts, ce qui montre que de nombreuses infections continuaient de survenir "en dehors des listes de contacts connues", signe de "lacunes persistantes dans la surveillance".

En appui à la riposte dirigée par le gouvernement, les équipes de l'OMS s'emploient à reconstituer l'historique de chaque infection "afin que nous puissions réellement comprendre la chaîne de transmission" et isoler chaque cas contact, a expliqué Mme Ancia.

Jean Kaseya, directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), a estimé que l'épidémie ne devait pas susciter de panique, mais devait être considérée comme sérieuse.

"Je ne dirais pas que c'est alarmant. Je dirais que l'épidémie est sérieuse", a-t-il déclaré dans une récente interview, ajoutant que, comparée aux précédentes épidémies d'Ebola en Afrique au même stade, celle-ci arrivait en tête en nombre de cas et de décès.


PRISE EN CHARGE PROCHE DE LA SATURATION


La hausse du nombre de cas exerce une pression croissante sur les structures de traitement et d'isolement d'Ebola.

La RDC dispose d'environ 700 lits de traitement et d'isolement répartis dans plus de 22 centres de traitement d'Ebola et structures de prise en charge. Au 5 juillet, 646 patients étaient en isolement dans le pays, avec un taux officiel d'occupation d'environ 94,2%, selon le rapport de l'OMS.

Mme Ancia a fait état de centres de traitement arrivés "au point de saturation" et d'une pénurie d'ambulances, avertissant que tous les besoins en Ituri ne pouvaient pas être couverts actuellement.

Elle a toutefois souligné certains progrès dans la riposte. La capacité de dépistage est passée d'environ 30 tests par jour à Kinshasa à plus de 2.000 tests par jour, grâce à dix laboratoires décentralisés mis en place dans les provinces touchées, dont le dernier a été ouvert à Bunia.


LA RECHERCHE DE TRAITEMENTS S'ACCÉLÈRE


L'épidémie actuelle est causée par le virus Ebola de Bundibugyo. Contrairement à l'espèce Zaïre, pour laquelle des vaccins approuvés existent, il n'existe actuellement aucun vaccin approuvé ni traitement spécifique contre la maladie à virus Ebola de Bundibugyo.

L'essai clinique PARTNERS, parrainé par l'OMS, a été officiellement lancé en RDC le 2 juillet. Il s'agit du premier essai clinique évaluant spécifiquement des traitements contre la maladie causée par l'espèce Bundibugyo.

L'essai évalue l'anticorps monoclonal MBP134 et l'antiviral remdesivir, utilisés séparément ou en combinaison.

"Ces médicaments seront administrés seuls ou en combinaison afin d'évaluer leur potentiel à améliorer la survie des personnes atteintes de la maladie à virus Bundibugyo", a déclaré Mme Ancia, ajoutant que plus de 1.200 doses de traitement étaient disponibles et que d'autres thérapies pourraient être intégrées à l'essai à mesure que de nouvelles données apparaissent.

M. Kaseya a estimé que les essais cliniques arrivaient "très tard", près de deux décennies après l'identification de l'espèce Bundibugyo. Il a indiqué que l'Africa CDC s'efforçait de faire en sorte qu'un vaccin et des options thérapeutiques puissent être disponibles "avant la fin de cette année".


UNE SITUATION RÉGIONALE CONTRASTÉE


L'Ouganda n'a signalé aucun nouveau cas d'Ebola au cours des deux dernières semaines. Au 5 juillet, le pays avait enregistré 20 cas confirmés, dont deux décès. Seize patients avaient guéri et deux restaient hospitalisés. Tous les contacts placés sous suivi en Ouganda avaient achevé la période réglementaire de surveillance de 21 jours sans détection de nouveaux cas liés, selon le rapport de l'OMS.

En France, le cas importé confirmé en laboratoire et signalé à l'OMS le 24 juin s'est rétabli et a quitté l'hôpital le 4 juillet après deux tests de laboratoire négatifs consécutifs. Cinq passagers ayant voyagé sur le même vol que le patient ont été placés en quarantaine et sont restés asymptomatiques.

L'OMS a indiqué que l'Ouganda restait exposé à un risque élevé d'importation en raison des mouvements de population depuis l'est de la RDC, tandis que le cas importé en France souligne la nécessité de maintenir la surveillance, la sensibilisation des voyageurs et la préparation transfrontalière.

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