Face à une inflation en hausse notamment liée à la flambée de l'énergie, les Français maintiennent à peine l'équilibre financier, devenu un exercice de funambule avec l'augmentation des dépenses contraintes et la stagnation des revenus. Neuf Français sur dix se disent pessimistes quant à l'économie hexagonale, selon un récent sondage.
PARIS, 16 mai (Xinhua) -- Face à une inflation en hausse notamment liée à la flambée de l'énergie, les Français maintiennent à peine l'équilibre financier, devenu un exercice de funambule avec l'augmentation des dépenses contraintes et la stagnation des revenus. Neuf Français sur dix se disent pessimistes quant à l'économie hexagonale, selon un récent sondage.
RETOUR DE L'INFLATION AU-DELA DE 2%
"Mon salaire n'a pas bougé depuis 2023, mais mes factures d'énergie et d'assurance habitation ont explosé", a témoigné auprès de Xinhua, Hervé, 42 ans, technicien dans l'automobile, à Lens. Pour ce père de trois enfants, "même les petits plaisirs, comme un restaurant, sont devenus rares".
Après 1,7% en mars, l'inflation française a franchi en avril le seuil de 2% pour atteindre à 2,2% sur un an, selon une estimation définitive de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée mercredi dernier.
D'après l'Insee, cette hausse est principalement liée à l'accélération des prix de l'énergie, qui ont progressé de 14,3% sur un an en avril, après une hausse de 7,4% en mars.
A Paris, Jérémie, 25 ans, employé dans la restauration, déplore lui aussi un décalage entre l'évolution des salaires et l'augmentation des prix à la consommation. "Depuis deux ans, mon loyer a augmenté de 100 euros, et mon panier de courses coûte 50 euros de plus par mois. Mon SMIC a été revalorisé, mais c'est une goutte d'eau face à la hausse des assurances et des transports", a-t-il déclaré.
Bénéficiaire d'un chèque énergie de 200 euros par an, le jeune homme préférerait être moins taxé sur ce qu'il gagne et payer lui-même son électricité.
LA MAJORITE DES FRANÇAIS PESSIMISTES
"On nous donne des miettes, alors que les grands groupes énergétiques font des profits records", a affirmé Hervé, qui touche une aide au logement de 150 euros par mois. Redoutant une nouvelle hausse des prix de l'énergie, il limite ses déplacements en voiture, et a renégocié ses assurances.
"Je ne vois pas comment ça pourrait s'améliorer", a déclaré Hervé, "on nous parle de croissance, mais dans la vraie vie, on ne la voit pas".
Jérémie explique avoir réduit ses dépenses de loisirs et utiliser des applications pour comparer les prix. Le jeune homme, qui s'accorde des sorties en fin de semaine en privilégiant les promenades au bois de Boulogne ou au bois de Vincennes, "car ça ne coûte rien", envisage désormais de prendre un deuxième emploi le week-end.
Selon un sondage Ipsos BVA pour La Tribune Dimanche publié le week-end dernier, 91% des Français se disent pessimistes quant à l'avenir économique du pays.
Le pouvoir d'achat constitue la principale source d'inquiétude pour la moitié des personnes interrogées, devant l'avenir du système social (41%) et le niveau des déficits publics (30%), selon la même enquête.
"Les Français éprouvent une forme de résignation concernant le pouvoir d'achat et sentent bien que le gouvernement n'a pas de marge pour agir sur le prix des carburants", a analysé Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos BVA.
La flambée du prix du pétrole et le retour de l'inflation ont fait bondir le coût de la dette française. Le rendement de l'emprunt français à dix ans a ainsi dépassé 3,97% vendredi, soit le plus haut niveau depuis la crise financière de 2008-2009, a rapporté Le Monde.
La dette publique française représentait 115,6% du PIB à la fin de l'année 2025, soit un niveau proche de ceux enregistrés durant la pandémie de COVID-19, selon un rapport de la Cour des comptes françaises publié en avril dernier.■
