TEHERAN, 11 mai (Xinhua) -- Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré lundi que Téhéran n'avait recherché que ses "droits légitimes" dans une nouvelle proposition de paix remise aux Etats-Unis par l'intermédiaire du Pakistan, qui assure la médiation entre les deux parties.
S'exprimant lors d'une conférence de presse hebdomadaire à Téhéran, M. Baghaï a indiqué que les demandes de l'Iran incluaient la fin de la guerre en Asie occidentale, la levée du blocus naval américain contre les navires iraniens, la libération des avoirs iraniens gelés à l'étranger, la garantie d'un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz et le rétablissement de la stabilité régionale.
"Nous n'avons exigé aucune concession. Les seules choses que nous avons exigées sont les droits légitimes de la nation iranienne", a-t-il précisé.
M. Baghaï a qualifié la proposition de Téhéran de "raisonnable et responsable", affirmant qu'elle visait à protéger les intérêts de l'Iran ainsi que la sécurité régionale et mondiale.
Il a également noté que les questions nucléaires seraient discutées plus tard car Téhéran se concentre actuellement sur la fin du conflit.
Le président américain Donald Trump a qualifié les conditions de l'Iran pour mettre fin à la guerre de "totalement inacceptables". M. Baghaï a accusé Washington de poursuivre des "demandes déraisonnables" sous l'influence d'Israël.
Commentant les informations selon lesquelles des pays européens, dont la France et le Royaume-Uni, auraient déployé des navires de guerre pour protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz, M. Baghaï a mis en garde contre une ingérence extérieure dans la région.
"Toute ingérence dans les questions relatives au détroit d'Ormuz et en Asie occidentale ne fera que compliquer davantage la situation", a-t-il prévenu.
L'Iran, les Etats-Unis et Israël ont convenu d'un cessez-le-feu le 8 avril après 40 jours de combats déclenchés par des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran le 28 février.
Des délégations iranienne et américaine ont ensuite tenu des négociations à Islamabad les 11 et 12 avril, mais n'ont pas réussi à parvenir à un accord. Depuis lors, les deux parties ont échangé plusieurs propositions par l'intermédiaire du Pakistan, tandis que des affrontements sporadiques se poursuivent dans et autour du détroit d'Ormuz.
Par ailleurs, M. Baghaï a démenti les informations des médias occidentaux selon lesquelles l'Iran déversait du pétrole en mer parce que ses installations de stockage étaient pleines.
Il a qualifié ces allégations de "mensonges complets" et a rejeté comme "fabriqués" les reportages faisant état d'une nappe de pétrole près de l'île iranienne de Kharg.
La société londonienne d'analyse des risques maritimes Windward a annoncé vendredi que des images satellite avaient détecté une marée noire près de l'île de Kharg, le principal terminal d'exportation de pétrole de l'Iran. La société a indiqué que la nappe avait été identifiée pour la première fois le 5 mai et confirmée ensuite par trois observations satellites sur une période de vingt heures.
Après l'échec des négociations post-cessez-le-feu, les Etats-Unis ont imposé un blocus naval dans le détroit d'Ormuz visant à restreindre les navires à destination et en provenance des ports iraniens, ce qui, selon Téhéran, vise à entraver ses exportations pétrolières. Fin
