Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et la rébellion du M23 ont annoncé vendredi des avancées sur plusieurs volets du processus de paix, notamment l'accès humanitaire, la protection judiciaire, l'opérationnalisation du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu et la libération de détenus.
KINSHASA, 17 avril (Xinhua) -- Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) ont annoncé vendredi, dans un communiqué conjoint, des avancées sur plusieurs volets du processus de paix, notamment l'accès humanitaire, la protection judiciaire, l'opérationnalisation du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu et la libération de détenus.
Le communiqué, publié à l'issue de réunions tenues du 13 au 17 avril à Montreux, en Suisse, a également été endossé par le Qatar, les Etats-Unis, le Togo en tant que médiateur de l'Union africaine, l'Union africaine et la Suisse.
Les deux parties ont indiqué avoir réalisé des "progrès substantiels" en vue de la conclusion d'un protocole sur l'accès humanitaire et la protection judiciaire, soulignant l'importance de garantir une assistance vitale aux populations de l'est de la RDC affectées par le conflit.
Le communiqué précise que les parties ont convenu de s'abstenir de toute attaque, destruction, enlèvement ou mise hors d'usage des biens indispensables à la survie des civils. Les parties ont en outre convenu de faciliter un accès humanitaire rapide, sans entrave, sûr et durable, ainsi que la libre circulation du personnel humanitaire, des biens, des services et des convois de secours dans les territoires affectés par le conflit.
Sur le plan sécuritaire, un protocole d'accord a été signé pour opérationnaliser le mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE+), en collaboration avec la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Ce dispositif doit permettre au mécanisme de surveillance du cessez-le-feu de débuter ses activités de suivi et de vérification, avec l'appui logistique de la mission de maintien de paix en RDC, connue sous le nom de MONUSCO. Les premières missions sont attendues dans un délai d'une semaine.
Par ailleurs, les deux camps ont convenu de procéder, dans un délai de dix jours, à la libération de prisonniers, conformément aux mécanismes précédemment établis, une mesure présentée comme essentielle pour renforcer la confiance entre les parties.
Malgré ces avancées diplomatiques, la situation sur le terrain reste fragile dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Des affrontements sporadiques continuent d'être signalés sur plusieurs lignes de front, alimentant les inquiétudes quant à la mise en œuvre effective du cessez-le-feu.
Dans le Nord-Kivu, des sources locales font état de tensions persistantes dans le territoire de Masisi et Rutshuru, tandis qu'au Sud-Kivu, des combats intermittents continuent de provoquer des déplacements de populations civiles autour de la cité de Minembwe. Les organisations humanitaires alertent sur une détérioration des conditions de vie, marquée par un accès limité à l'aide et aux services essentiels.
La situation sécuritaire dans l'est de la RDC continue de se détériorer malgré la multiplication des initiatives diplomatiques, a déclaré l'Envoyé spécial des Nations Unies dans la région des Grands Lacs d'Afrique, Huang Xia, lors d'une réunion du Conseil de sécurité, mercredi.■
