La France adopte une posture "défensive" au Moyen-Orient, un mois après l'offensive menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.
PARIS, 30 mars (Xinhua) -- La France adopte une posture "défensive" au Moyen-Orient, un mois après l'offensive menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, créant une divergence de positionnement vis-à-vis de Washington, sur qui la France compte largement, pourtant, pour un règlement du conflit russo-ukrainien.
Depuis le début de l'embrasement, le président français Emmanuel Macron a déclaré que l'engagement de la France s'inscrit dans une logique "strictement défensive". La France n'a pas pu dénoncer explicitement les frappes israélo-américaines, mais a exprimé ses regrets quant à leur réalisation "en dehors du droit international".
La France, comme d'autres pays européens, n'a pas répondu favorablement à la demande des Etats-Unis de forcer l'ouverture du détroit d'Ormuz, dont l'enjeu est le plus "sensible", a affirmé M. Macron. "La France n'a pas choisi cette guerre", a-t-il souligné lors d'un conseil de défense et de sécurité. "Nous ne sommes pas partie prenante au conflit, et donc jamais la France ne prendra part à des opérations d'ouverture ou de libération du détroit d'Ormuz dans le contexte actuel".
Touchée directement par la flambée des prix des hydrocarbures, la France est prête à contribuer à un "système d'escorte", avec d'autres pays et des acteurs du transport maritime, "une fois que la situation sera plus calme", a proposé M. Macron.
"La France est mobilisée sur la protection de nos ressortissants, de nos entreprises, et sur l'accompagnement que nous apportons aux pays avec lesquels nous avons des accords de défense. Nous sommes dans une position de protection, nous n'attaquons pas", a précisé sur RTL la ministre française des Armées, Catherine Vautrin.
Les Etats-Unis "viennent de décider d'intervenir au Proche et au Moyen-Orient sans nous prévenir (...) On a agi immédiatement, surpris par un allié américain, qui reste un allié, mais qui est de moins en moins prévisible, et qui ne prend pas la peine de nous prévenir quand il décide d'engager des opérations militaires", a regretté la semaine dernière le chef d'état-major des Armées françaises, le général Fabien Mandon.
Cette guerre lancée sans concertation a "un impact sur la sécurité" de la France, a souligné M. Mandon. Pour ce haut gradé, l'Europe n'est plus la "priorité" des Etats-Unis.
La France et l'Europe craignent que l'Ukraine soit abandonnée par les Etats-Unis, qui se disent "ouverts" à l'hypothèse de détourner vers le Moyen-Orient des moyens militaires américains destinés à l'Ukraine.
Recevant à la mi-mars à Paris le président ukrainien Volodymyr Zelensky, M. Macron a déclaré que "rien ne nous détournera de l'Ukraine (...) il en va de la sécurité de l'Ukraine, mais également de l'Europe et de la France".
Une session de travail consacrée au sujet "Soutien à l'Ukraine" s'est ainsi organisée lors d'une réunion formelle des ministres des Affaires étrangères du G7, convoquée la semaine dernière par la France qui assure cette année la présidence du groupe.
"Certains dirigeants ont déclaré que l'Iran n'était pas la guerre de l'Europe. Alors, l'Ukraine n'est pas notre guerre", a lancé le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, avant de se rendre à la réunion pour rencontrer ses homologues du G7.
Le premier déplacement à l'étranger du chef de la diplomatie américaine depuis l'offensive contre l'Iran n'a pas abouti à des résultats concrets. "Peu d'avancées sur le Moyen-Orient, aucune annonce sur l'Ukraine", a résumé un reportage de RFI. Le sujet de l'Ukraine, mis en avant par Paris, n'a même pas figuré dans le communiqué final, "alors même que les alliés de Kiev s'inquiètent", a rapporté RFI.
