
TAIYUAN, 18 mars (Xinhua) -- Un matin, dans le village de Nariou de la province du Boulkiemdé, au Burkina Faso, près de 1.000 poulets sont rapidement vendus, témoignant du succès d'un nouveau projet agricole.
"La vente de volailles me permet d'avoir des revenus sans attendre la saison des récoltes. Je peux ainsi financer la scolarité de mes enfants et investir dans d'autres activités", explique l'éleveuse Kabore Adjarata.
Nariou est le premier village de démonstration intégré pour la réduction de la pauvreté établi dans le cadre de la troisième phase du projet chinois d'assistance technique agricole au Burkina Faso mis en œuvre par le Centre des échanges internationaux du ministère chinois de l'Agriculture et des Affaires rurales.
Si l'aviculture existait déjà au Burkina Faso, elle était limitée par la dégénérescence des races et des lacunes dans la prévention des maladies. Pour garantir la survie des poussins et la rentabilité, les experts chinois ont fourni un soutien complet, de la sélection des espèces à l'élevage des poussins, en passant par la formation technique et l'accompagnement commercial.
Après trois mois d'élevage, un poulet peut être vendu pour environ 4.000 FCFA. Selon l'expert en élevage Zhang Huazhi, 50 familles ont reçu chacune 20 poussins, avec un taux de survie moyen de 93,2%. Les ventes sont susceptibles de générer plus de 70.000 FCFA de revenus supplémentaires par ménage.
Avant ce projet avicole, la riziculture était déjà une source importante de revenus pour les habitants locaux. Depuis 2018, trois variétés de riz hybride de qualité, sélectionnées par les experts chinois, ont été introduites dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.
Dans le champ de démonstration de Nariou, le rendement du riz hybride a atteint 9,2 tonnes par hectare cette année, soit plus de trois fois la moyenne locale. Les villageois assurent ainsi leur sécurité alimentaire et vendent le surplus via une coopérative.
Sur cette base, la troisième phase du projet, lancée en mars 2025, a innové en proposant un modèle intégré "riziculture-élevage-pisciculture" pour augmenter les revenus des villageois.
Selon l'expert agricole Deng Chengang, le village jouit d'un grand potentiel piscicole, grâce à des pluies abondantes, à un réservoir construit avec l'aide de la Chine et à la disponibilité de ressources pour l'alimentation des poissons.
Malgré des réticences initiales, grâce à un suivi intense des experts, les poissons atteignent désormais le poids requis sur le marché après quatre à cinq mois d'élevage.
"Notre village devient connu pour sa pisciculture. Beaucoup viennent s'informer, et nous sommes heureux de partager notre savoir-faire", se réjouit Salam Tinga Kiendrebeogo, chef du village.
"L'élevage des poissons devrait rapporter environ un million de FCFA pour notre village, renforçant notre économie collective. Nous espérons que les experts chinois continueront à nous aider", indique-t-il.
Cette coopération agricole sino-burkinabée représente un exemple de la concrétisation des "Huit Initiatives majeures" de la coopération sino-africaine.
"Les experts chinois apportent non seulement une technologie avancée, mais surtout des solutions adaptées à notre réalité. Le modèle intégré 'culture-élevage' rend les revenus des agriculteurs plus stables et résilients, offrant une expérience précieuse pour la réduction de la pauvreté rurale", déclare Dianda Idrissa, représentant du ministère burkinabé de l'Agriculture.
A l'avenir, l'équipe d'experts agricoles chinois prévoit d'aider les coopératives à accéder aux marchés de la capitale Ouagadougou et de ses environs, et d'explorer un modèle d'agriculture circulaire "riz-poisson-volaille" pour accroître la rentabilité globale de l'agriculture locale.■
