VIENNE, 3 mars (Xinhua) -- L'accident nucléaire de Fukushima, bien que déclenché par une catastrophe naturelle, était en réalité une catastrophe d'origine humaine qui a mis en évidence de graves lacunes dans le système de réglementation nucléaire japonais, a déclaré mardi Li Song, représentant permanent de la Chine auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
M. Li a tenu ces propos pendant un discours prononcé à l'occasion du 15e anniversaire de l'accident nucléaire de Fukushima au Japon, lors de la réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA qui s'est tenue cette semaine à Vienne.
Il a appelé l'AIEA à maintenir un examen à long terme de la gestion ultérieure de l'accident et à superviser strictement le Japon conformément aux normes mondiales les plus élevées en matière de sûreté nucléaire et aux meilleures pratiques.
L'accident survenu il y a 15 ans a interrompu la dynamique du développement mondial de l'énergie nucléaire et porté un coup dur à la confiance de la communauté internationale dans la sûreté nucléaire. Il a révélé de graves lacunes dans le système de réglementation nucléaire japonais ainsi qu'une grave déficience dans la culture de la sûreté nucléaire, et a donné au Japon des leçons extrêmement profondes, a rappelé M. Li.
Le Japon, faisant fi des vives préoccupations et de l'opposition de la communauté internationale, en particulier des pays voisins, a procédé au rejet dans l'océan des eaux contaminées par le nucléaire de Fukushima, transférant ainsi les risques liés à la sûreté nucléaire au-delà de ses frontières. De telles actions sont hautement irresponsables et contraires à la responsabilité morale internationale, a souligné M. Li.
La Chine s'oppose fermement au rejet par le Japon des eaux contaminées par le nucléaire de Fukushima dans la mer et soutient l'AIEA dans la mise en place et le renforcement continu d'un mécanisme international de surveillance indépendant, objectif et efficace à long terme, a-t-il affirmé.
La Chine a participé activement à l'échantillonnage et à la surveillance indépendants ainsi qu'aux comparaisons interlaboratoires dans le cadre de l'AIEA, afin de garantir que le rejet par le Japon ne cause pas de dommages à long terme à l'environnement marin mondial et à la santé publique, a ajouté M. Li.
Le rejet des eaux contaminées n'est qu'une première étape honteuse dans le processus à long terme de gestion de l'accident nucléaire de Fukushima, a-t-il poursuivi, rappelant qu'au cours des 15 dernières années, de nombreux cas de fautes professionnelles, de fraudes et de fuites de substances radioactives impliquant des entreprises nucléaires telles que la Tokyo Electric Power Company ont été révélés.
Le Japon doit avoir le courage d'affronter l'histoire sans détour, de renforcer efficacement la réglementation en matière de sûreté nucléaire au niveau national, d'éliminer les risques pour la sécurité et d'accepter consciemment la supervision internationale. "Ce serait la ligne de conduite appropriée, plutôt que de chercher à occulter les problèmes ou à minimiser leur gravité", a estimé M. Li.
Le diplomate chinois a affirmé que la Chine soutient l'AIEA dans l'exercice actif de ses responsabilités et dans l'aide et la supervision apportées au Japon pour relever les défis complexes du démantèlement de la centrale nucléaire de Fukushima et de l'élimination des déchets radioactifs de haute activité, conformément aux normes mondiales les plus strictes en matière de sûreté nucléaire, aux exigences les plus rigoureuses et aux meilleures pratiques des Etats membres.
De plus, la Chine est disposée à tirer parti de ses avantages technologiques et managériaux pour participer activement à ce processus, a ajouté M. Li. Fin
