OTTAWA, 9 février (Xinhua) -- Les dirigeants politiques et commerciaux canadiens ont exprimé une forte opposition à la menace du président américain Donald Trump de retarder l'ouverture du pont international Gordie Howe, presque achevé, ont rapporté lundi des médias locaux.
Ce pont, reliant Windsor en Ontario (Canada) et Détroit au Michigan (Etats-Unis), constituera la troisième traversée au niveau du corridor Windsor-Détroit. Cet axe traite environ 25% du commerce canado-américain et constitue une artère vitale pour l'industrie automobile nord-américaine.
Le maire de Windsor, Drew Dilkens, a critiqué M. Trump pour avoir ignoré les intérêts mutuels des deux nations.
"C'est tout simplement insensé, quand j'ai lu ce post, je n'arrive pas à croire ce que je lis", a-t-il déclaré. "Ce n'est qu'un autre obstacle que Donald Trump a mis sur le chemin de la réalisation de bonnes choses, non seulement pour notre pays, mais aussi pour le sien".
Répondant à l'affirmation de M. Trump selon laquelle aucun produit américain n'avait été utilisé dans la construction, M. Dilkens a précisé que de l'acier américain avait été employé du côté américain du projet.
Candace Laing, présidente et directrice générale de la Chambre de commerce du Canada, a également averti dans un communiqué qu'empêcher l'ouverture du pont serait une mesure "contre-productive".
"Que cela s'avère réel ou simplement être une menace pour maintenir une incertitude élevée, bloquer ou ériger des barricades sur les ponts est une mesure contre-productive", a affirmé Mme Laing. "La voie à suivre n'est pas de déconstruire les corridors commerciaux établis ; c'est en réalité de construire des ponts".
Le projet est principalement financé par le gouvernement fédéral canadien, avec un investissement de 6,4 milliards de dollars canadiens (environ 4,7 milliards de dollars). Le Canada prévoit de récupérer les coûts grâce aux futurs revenus de péage, qui devraient être partagés avec l'Etat du Michigan une fois l'investissement entièrement remboursé.
Plus tôt lundi, le locataire de la Maison Blanche s'est plaint sur sa plateforme de réseaux sociaux que le Canada avait traité les Etats-Unis "injustement" en matière de commerce. Il a affirmé que les Etats-Unis devraient posséder "au moins la moitié" de cet actif et a menacé d'en bloquer l'ouverture à moins d'être dédommagés.
Cette rhétorique marque un revirement brutal par rapport au premier mandat de Donald Trump en 2017, lorsqu'il avait soutenu le pont comme un "lien économique vital entre nos deux pays". Fin
