Le monde qui s'est relevé des deux dernières Guerres mondiales est "bel et bien derrière nous", et "l'avenir de l'Europe et de notre pays s'en trouve interrogé", a déclaré vendredi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot à la conférence annuelle des ambassadeurs français.
PARIS, 9 janvier (Xinhua) -- Le monde qui s'est relevé des deux dernières Guerres mondiales est "bel et bien derrière nous", et "l'avenir de l'Europe et de notre pays s'en trouve interrogé", a déclaré vendredi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot à la conférence annuelle des ambassadeurs français.
Devant les ambassadrices et ambassadeurs français revenus du monde entier pour une réunion annuelle du 7 au 9 janvier à Paris, le ministre a déploré un monde "en proie à la brutalisation", "brutalisation du droit international bafoué dans ses principes fondateurs".
"Le droit international n'est pas mort. Ces principes fondateurs sont justes, mais les institutions qui les portent sont en panne et doivent être refondées", a affirmé M. Barrot, promettant notamment de pousser la réforme du Conseil de sécurité de l'ONU.
L'organisation politique européenne est "en danger", a reconnu le ministre français. Il a néanmoins souligné que l'Europe n'était pas au bord de l'effacement civilisationnel, et d'ajouter que "les voix présomptueuses qui le prétendent feraient mieux de prendre garde à leur propre effacement", en réponse explicitement au récent rapport de la stratégie de sécurité nationale américaine qui a mentionné une perspective d'effacement civilisationnel de l'Europe.
M. Barrot a également exprimé son opposition aux "logiques de bloc". "Il n'y a pas de Sud global, pas plus qu'il y a Occident collectif", a-t-il dit. La vraie ligne de fracture, "c'est par ceux qui soutiennent le multilatéralisme", selon lui.
La France, qui assumera la présidence du G7, souhaite susciter un "dialogue approfondi entre les grandes démocraties industrielles et les grands pays émergents". Elle veut porter la voix de ceux qui refusent les logiques de bloc, a indiqué M. Barrot.
