PARIS, 21 novembre (Xinhua) -- La récente rhétorique provocatrice de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi sur la question de Taiwan a suscité de vives réactions tant en Chine qu'au Japon. Pour des médias français, les propos de Mme Takaichi sont révélateurs d'un tout nouveau facteur de crispation en Asie de l'Est et risquent de provoquer des conséquences pouvant aller au-delà.
S'adressant à une réunion parlementaire le 7 novembre, Mme Takaichi a prôné une potentielle intervention militaire japonaise, affirmant qu'"un scénario de crise à Taiwan" pourrait constituer une "situation menaçant la survie" du Japon. Malgré les protestations solennelles de la Chine, la cheffe du gouvernement japonais a refusé de revenir sur ses propos.
L'hebdomadaire français Le Point souligne que l'intervention de Mme Takaichi au Parlement "franchit le tabou de Taiwan" et choque la Chine. En évoquant le scénario d'urgence à Taiwan et les options militaires de Tokyo, Sanae Takaichi a provoqué "un net regain de tensions entre le Japon et la Chine", a-t-il écrit.
Challenges, un hebdomadaire économique français, indique que la sortie de la Première ministre japonaise a agi comme "l'allumette qui a mis le feu aux poudres". La déclaration de Mme Takaichi concernant Taiwan a ouvert un "nouveau chapitre" de crispations sino-japonaises, nourri par l'absence de retrait ou de clarification de la part de Tokyo.
Selon Libération, les propos de la Première ministre japonaise sont même contestés dans son propre pays. "A-t-elle vraiment réfléchi aux conséquences de ses propos?" écrit le quotidien, citant la question posée par des politologues japonais. Les déclarations de la nouvelle cheffe du gouvernement japonais ont déclenché "une spirale diplomatique régionale", a commenté la presse.
Les médias français notent également les débats internes au Japon. Pour Asialyst, cette prise de position confirme "un basculement doctrinal" : le Japon ne se définit plus seulement comme une puissance économique, mais comme un acteur de la sécurité régionale en Asie de l'Est. Cependant, il s'agit d'une évolution "qui ne fait pas l'unanimité" au Japon, a estimé le média, ajoutant que plusieurs députés de l'opposition ont mis en garde contre "une dérive dangereuse vers la guerre".
RFI, pour sa part, rapporte que l'opinion publique japonaise est assez écartelée et que la société demeure réticente à toute implication militaire concrète malgré un climat géopolitique aussi tendu. Fin
