ANTANANARIVO, 15 août (Xinhua) -- A Mahitsy, commune périphérique d'Antananarivo, sous un ciel pâle de saison sèche, 13 médecins chinois et leurs homologues malgaches accueillent ce jeudi gratuitement des centaines de patients au Centre hospitalier de référence du district (CHRD) Mahitsy Bejofo. Cette intervention s'inscrit dans le cadre de la coopération médicale sino-malgache, qui célèbre cette année son cinquantenaire.
Derrière la cour rougeâtre de l'hôpital, marquée par l'usure du temps, un chapiteau de fortune s'anime. Les blouses blanches y circulent avec attention, carnet de santé à la main et sourire aux lèvres.
Près d'une ambulance de l'équipe médicale chinoise, Lucette Ravakiniaina, 35 ans, venue d'un quartier voisin, repart ravie avec son paquet de médicaments. "Aujourd'hui, j'ai reçu gratuitement une pommade et des médicaments pour l'estomac", confie-t-elle.
Une autre patiente, Marie Clémence Razaiarimanana, 53 ans, raconte timidement à Xinhua ses cinq mois de douleurs persistantes qu'elle n'avait pas les moyens de soigner. "Les médecins chinois m'ont donné les médicaments gratuitement et m'ont expliqué comment les utiliser. Ce n'est pas seulement un traitement, c'est aussi de l'attention", témoigne-t-elle.
Les 13 praticiens de la mission médicale chinoise à Madagascar couvrent plusieurs spécialités : médecine traditionnelle chinoise, gynécologie, anesthésie, chirurgie, orthopédie et pneumologie. Les consultations s'enchaînent dans un ballet précis : un médecin malgache traduit les recommandations, un patient reçoit sa prescription annotée. En quelques mots, le courant passe, et les soins aussi.
Entre deux consultations, Xingxiang Li, chef de la 24e mission médicale chinoise à Madagascar, résume en quelques mots cinquante années d'engagement. "Depuis 1975, 24 équipes, soit plus de 750 membres, ont travaillé à Madagascar, traitant plus de 4,6 millions de patients", dit-il.
Le 15 août 1975, les 25 premiers médecins chinois avaient débarqué à Toamasina, sur la côte est, après trois mois de traversée. Depuis, la mission a construit des centres de traitement des maladies respiratoires, développé la médecine traditionnelle et mis en place des programmes de santé maternelle et infantile.
"Nous avons traversé ensemble des épidémies de rougeole, de peste et de coronavirus, et notre objectif reste le même : servir la santé publique à Madagascar", rappelle M. Li.
Mahitsy n'est qu'une étape : Ambovombe, dans le sud, Vatomandry à l'est et Sambava au nord bénéficieront également de consultations gratuites dans les semaines à venir.
En fin d'après-midi, les derniers patients quittent l'hôpital, les mains chargées de médicaments et le cœur plus léger. Les médecins rangent leur matériel, s'échangent des accolades. Le jour s'achève, mais le lien tissé depuis cinquante ans ne connaît pas de coucher de soleil. Fin
