Accord commercial UE-USA : de vives critiques françaises dénoncent une soumission aux intérêts américains (SYNTHESE) - Xinhua - french.news.cn

Accord commercial UE-USA : de vives critiques françaises dénoncent une soumission aux intérêts américains (SYNTHESE)

French.news.cn | 2025-07-29 à 20:44

PARIS, 29 juillet (Xinhua) -- Dimanche dernier, le président américain Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont annoncé avoir conclu un accord commercial relatif aux droits de douane sur les produits européens exportés vers les Etats-Unis. La plupart d'entre eux seront taxés à hauteur de 15%. Cet accord, qui remplace un taux précédent de 10%, a suscité de vives réactions en France, tant de la part des acteurs économiques que des figures politiques.

DE VIVES CRITIQUES POLITIQUES

L'accord a été vivement critiqué par plusieurs personnalités politiques françaises. Le Premier ministre français François Bayrou a exprimé sa déception, qualifiant cet accord de "soumission" de l'Europe. Il a regretté un "jour sombre" où l'Europe, "une alliance de peuples libres, rassemblés pour affirmer leurs valeurs et défendre leurs intérêts, se résout à la soumission".

Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise (LFI, extrême gauche), a dénoncé un "accord de la honte" et estime que "tout a été cédé à Trump". Il a critiqué les droits de douane, les obligations d'achat et la taxe de 5% sur le PIB, affirmant que le libéralisme et les règles du Traité de Lisbonne étaient une "mauvaise blague". Pour lui, "le choix de l'insoumission à l'Empire et le non-alignement" est la "seule alternative possible".

Anthony Smith, député européen membre de LFI, a également dénoncé une "capitulation" et regrette notamment l'achat d'énergie américaine lié à l'accord.

Dominique de Villepin, ancien Premier ministre de droite, a qualifié l'accord de "traité inégal" en le comparant à un "tribut". Il a souligné que cet accord d'investissement de 600 milliards de dollars était à sens unique et a dénoncé la "vente forcée de 750 milliards de dollars d'énergie", qui met en péril la souveraineté énergétique européenne.

Thierry Breton, ancien commissaire européen au marché intérieur, a déclaré sur la chaîne d'information BFMTV que "ce n'est pas un accord, c'est tout simplement la volonté du président des Etats-Unis d'imposer au monde entier sa vision".

Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et des Français de l'étranger, a reconnu que l'accord n'était "pas équilibré" et a appelé à continuer à travailler pour obtenir de meilleures conditions. Il a mis l'accent sur l'importance des exemptions sectorielles pour la France, notamment dans les secteurs de l'aéronautique et des spiritueux.

A cet égard, Christian Saint-Etienne, économiste, a critiqué l'accord pour son manque de réciprocité et ses conséquences néfastes sur l'économie européenne. Il a déclaré sur les ondes d'Europe 1 que "15% de droits de douane, c'est du racket". Il a également noté que cet accord pourrait entraîner une désindustrialisation de l'Europe et un mouvement des investissements vers les Etats-Unis.

LES SECTEURS LES PLUS EXPOSES AUX DROITS DE DOUANE AMERICAINS EN FRANCE

Selon des observateurs, plusieurs secteurs phares de l'économie française sont particulièrement exposés aux nouveaux droits de douane américains de 15%. Parmi eux, l'industrie automobile, qui représente une part importante des exportations françaises vers les Etats-Unis, est l'un des secteurs les plus touchés. Les constructeurs automobiles français, déjà confrontés à une concurrence féroce, pourraient voir leurs coûts augmenter et leurs marges se réduire. Le groupe automobile Stellantis a déjà alerté sur les conséquences possibles d'un coût américain accru, évoquant un ralentissement des ventes sur un continent clé pour ses modèles haut de gamme.

Le secteur agroalimentaire, et notamment les vins et spiritueux, est aussi fortement impacté. Les exportations de vin français vers les Etats-Unis, qui représentent un marché crucial pour les viticulteurs français, pourraient diminuer en raison de l'augmentation des prix due aux droits de douane. Les vignerons français, déjà touchés par des augmentations précédentes sous le premier mandat de M. Trump, ont exprimé leur inquiétude face à cette nouvelle hausse.

L'industrie pharmaceutique, bien que partiellement exemptée, n'est pas épargnée. Les médicaments français pourraient devenir moins compétitifs sur le marché américain en raison des nouveaux droits de douane, selon des médias français.

En outre, le secteur du textile, du luxe et des accessoires de mode pourrait également subir un impact défavorable. Plusieurs grandes maisons françaises telles que LVMH, Chanel et Hermès sont particulièrement concernées, l'Amérique étant un marché clé qui représente jusqu'à 27% des ventes mondiales de certains groupes.

L'accord commercial entre l'Union européenne et les Etats-Unis, bien qu'il apporte une certaine stabilité temporaire, est donc largement perçu comme déséquilibré et défavorable à l'Europe. Les critiques des personnalités politiques françaises et les inquiétudes des acteurs économiques soulignent les défis auxquels l'Europe doit faire face pour défendre ses intérêts et préserver sa souveraineté économique. Fin

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