La région Asie-Pacifique a besoin d'un partenaire, non d'un leader (COMMENTAIRE)

Publié le 2011-11-17 18:58:32 | French. News. Cn
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Par Wei Jianhua

BEIJING, 17 novembre (Xinhua) -- Les Etats-Unis ont clamé haut et fort leur intention de revenir dans la région Asie-Pacifique en tant que leader, et la participation très attendue du président américain Barack Obama et de sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton au prochain sommet de l'Asie de l'Est pourrait bien être pour eux l'occasion de sonner le clairon.

Juste avant le sommet de l'APEC à Hawaï, Mme Clinton a annoncé dans des termes très forts le repositionnement de la stratégie américaine en Asie, déclarant dans son discours au Centre Orient-Occident que "certains des défis auxquels la région Asie-Pacifique fait face en ce moment requéraient le leadership des Etats-Unis", et que le 21ème siècle serait "le siècle Pacifique des Etats-Unis".

Y a-t-il un seul pays de la région qui souhaite avoir les Etats-Unis pour leader ? La réponse serait probablement un "non" retentissant. Chaque pays de la région Asie-Pacifique a par conséquent de bonnes raisons de se montrer soupçonneux face à l'ambition affichée par les Etats-Unis. Il ne serait surprenant pour personne que les Etats-Unis cherchent en fait tout simplement à imposer leur hégémonie dans la région, en conformité avec leurs aspirations de superpuissance mondiale.

Le 21ème siècle a vu naître un monde de plus en plus globalisé, dans lequel tous les pays sont de plus en plus interdépendants du point de vue économique. Cette tendance exige que tous les pays fassent preuve d'une coopération accrue et d'une coordination plus étroite, et ce, sur un pied d'égalité, indépendamment de leur taille ou de leur niveau de développement.

De fait, il y a assez de place dans la région Asie-Pacifique pour que tous les pays concernés puissent coopérer, coexister pacifiquement et établir des partenariats féconds afin d'affronter les moments difficiles. Personne ne nie que les Etats-Unis soient "une grande puissance du Pacifique", comme l'a affirmé M. Obama jeudi dans un discours prononcé devant le Parlement australien.

Pour mener à bien une collaboration internationale réussie, le facteur essentiel pour tous les pays impliqués est le respect mutuel des intérêts légitimes de chacun ; c'est en restant attachés à des objectifs de paix, de confiance mutuelle et de développement conjoint qu'il convient de traiter les questions touchant aux préoccupations fondamentales des autres pays.

Comme le président chinois Hu Jintao l'a déclaré lors d'une rencontre avec son homologue américain, la semaine dernière à Hawaï, la Chine respecte les intérêts légitimes des Etats-Unis dans la région Asie-Pacifique et souhaite voir le pays y jouer un rôle constructif.

A l'heure actuelle, la reprise économique mondiale demeure incertaine, alors que certaines grandes économies connaissent un ralentissement économique ou font face à de graves problèmes de dette souveraine, et que certains marchés émergents sont soumis à des pressions inflationnistes de plus en plus lourdes.

Dans un contexte aussi complexe, chaque pays se doit en priorité de mettre de l'ordre dans sa propre maison, avant d'essayer d'aider le reste du monde.

Depuis la crise des subprimes aux Etats-Unis en 2007, les problèmes économiques américains ont provoqué un tsunami financier destructeur qui s'est étendu au reste du monde. Des années de dépenses excessives sont venues s'ajouter à des dettes déjà conséquentes, et les revers subis par les grandes industries américaines ont fait grimper le taux de chômage.

Les Etats-Unis, en tant que la première économie du monde et le pays émetteur de la principale monnaie internationale de réserve, ont la responsabilité d'aider le monde à faire face à l'actuelle crise de la dette en Europe, pour éviter que celle-ci n'entraîne le reste du monde dans un nouveau désastre économique.

Il est difficile d'imaginer quel genre de "leadership" les Etats-Unis aspirent à assumer dans la région Asie-Pacifique. Mais ce dont la région a vraiment besoin, dès maintenant, c'est surtout d'un partenaire solide et fiable, capable de l'aider à conjurer la crise financière et à restaurer une croissance durable et équilibrée.

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