PORT-LOUIS, 19 mars (Xinhua) -- Le taux directeur appliqué par la Banque de Maurice a été abaissé de 50 points de base, passant de 5,4 % à 4,9 %, lundi 19 mars. C'est la première fois depuis décembre 2010 que le taux Repo descend sous les 5 %. Cette décision a été prise par le comité de politique monétaire nouvellement constitué depuis vendredi dernier.
Les cinq nouveaux membres indépendants fraîchement nommés par le ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, au sein de ce comité ont participé à la réunion. Ils sont l'économiste Pierre Dinan, le président du conseil d'administration d'Air Mauritius, Kamal Taposeea, le chargé de cours au London School of Economics, Silvana Tenreyro, l'ancien ministre des Finances français, Alain Madelin, et le consultant Nishan Degnarain.
La décision de la baisse n'a, toutefois, pas fait l'unanimité au sein du comité de politique monétaire et il a fallu avoir recours à deux votes avant que ne se dessine une légère majorité en faveur d'une baisse du taux directeur.
Cette baisse a longtemps réclamée par les opérateurs économiques en raison de l'appréciation de la roupie mauricienne par rapport à l'euro qui affectent les recettes à l'exportation. Pour les entrepreneurs, une roupie faible équivaut à des produits exportés moins chers. Ainsi, Maurice devient plus compétitif sur le marché mondial. Résultat : ils ont davantage de revenus.
Arif Currimjee, directeur de Vieo Industries, est parmi ceux qui ont souhaité une « baisse significative » du taux directeur. « Premièrement, le taux d'intérêt va baisser. Ce qui soulagera les prêts financiers des compagnies. En deuxième lieu, la baisse du taux Repo se traduira par une baisse de la valeur de la roupie car la demande pour la monnaie locale va baisser». Le ministre des Finances est également en faveur d'une roupie faible.
« On peut être en faveur d'une roupie faible et vouloir encourager et protéger les entrepreneurs et les investisseurs. Mais, dans l'intérêt supérieur du pays, il faut aussi savoir garder un juste équilibre concernant la politique monétaire », a expliqué l'économiste Pramod Jaddoo.