ABIDJAN, 13 octobre (Xinhua) -- Le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA) entend accélérer la domestication du karité en Côte d'Ivoire grâce au développement de variétés performantes et à la création de vergers, afin d'accroître la production nationale et d'améliorer les revenus des acteurs de la filière, a indiqué mardi à Abidjan un de ses responsables.
En marge de l'ouverture du Salon national du karité (SNKA), qui se tient sur deux jours, le directeur du département Cultures d'exploitation et diversification du FIRCA, Anderson Ehouman, a souligné la nécessité de moderniser les modes de production.
"Aujourd'hui, l'avenir de la filière, c'est de faire des champs de karité", a-t-il déclaré.
En Côte d'Ivoire, la collecte des noix de karité repose encore essentiellement sur les peuplements naturels du nord du pays, notamment dans les régions de Tengrela, Korhogo et Bouna. Cette ressource est toutefois menacée par la pression foncière, le déboisement et les opérations de lotissement urbain.
Pour faire face à ces défis, le FIRCA collabore avec le Conseil du coton, de l'anacarde et du karité afin de dresser un état des lieux exhaustif de la filière, comprenant notamment l'évaluation des superficies exploitées, le recensement des collectrices et la cartographie des unités de transformation.
Le FIRCA soutient également la recherche appliquée depuis 2014 afin de réduire le délai d'entrée en production des arbres, a précisé M. Ehouman.
Grâce aux techniques de greffage mises au point en partenariat avec des chercheurs, certaines variétés expérimentales peuvent désormais produire dès quatre ans, contre plus de 15 ans pour les arbres sauvages, a-t-il expliqué.
La filière karité fait vivre plus de 250.000 femmes en Côte d'Ivoire, dont environ 150.000 sont regroupées au sein de la Fédération nationale du karité de Côte d'Ivoire (FENKACI).
Afin de réduire la pénibilité du travail artisanal, le FIRCA prévoit de renforcer son appui technologique aux coopératives féminines, notamment en les dotant de concasseurs et de presses mécaniques, a indiqué M. Ehouman.
Sur le plan institutionnel, des démarches sont également en cours pour structurer l'interprofession et obtenir sa reconnaissance officielle par l'Etat, a-t-il ajouté.
Placée sous le thème "Quel écosystème pour le développement durable de la filière karité en Côte d'Ivoire ?", cette édition du SNKA s'achève mercredi. Les échanges portent notamment sur la transformation locale, l'accès au financement, la modernisation des équipements et l'autonomisation économique des femmes.
De son côté, la chargée de programme Diversification au FIRCA, Mondah Amah Henriette, a souligné la forte valeur ajoutée du beurre de karité ainsi que ses multiples applications dans les industries cosmétiques et agroalimentaires. Fin
