BEIJING, 13 octobre (Xinhua) -- Des universités chinoises et africaines accélèrent leur coopération dans le domaine numérique, portée par des outils d'intelligence artificielle et la création d'une alliance académique dédiée au développement digital, selon un récent reportage du quotidien China Daily.
A Changsha, dans la province chinoise du Hunan, des chercheurs de l'Université du Hunan ont développé un système d'intelligence artificielle baptisé "Nyansapo" ("Symbole de la sagesse" en langue akan du Ghana) pour répondre aux défis des activités économiques et de recherche entre la Chine et l'Afrique.
Lancé en 2025 par l'Institut d'études africaines de l'université, ce système intègre statistiques économiques et commerciales, politiques et réglementations, littérature académique et rapports sectoriels. Il permet par exemple à un investisseur de comprendre en quelques secondes la fiscalité nigériane ou le droit foncier ghanéen.
"Avec le développement rapide des relations commerciales sino-africaines, de plus en plus d'investisseurs chinois à l'étranger ont besoin de comprendre rapidement les marchés africains et de se conformer aux réglementations locales", explique Xiao Hao, vice-président exécutif de l'Institut. "Nous avons conçu ce système pour briser les 'murs invisibles' de l'asymétrie de l'information."
Ce système est le fruit de la collaboration de l'Université du Hunan avec des institutions africaines, tant dans le domaine de la recherche que dans celui de la formation de talents. Le programme postdoctoral lancé en 2024 par l'université attire des chercheurs africains diplômés en Chine, dont les connaissances locales complètent celles des chercheurs chinois.
"La plupart sont venus en Chine pour découvrir la Chine, mais aujourd'hui ils nous enseignent l'Afrique", résume M. Xiao, pour qui ces chercheurs forment "un pont naturel entre nos cultures".
Une initiative récente a par ailleurs lancé, à Changsha, la création d'une alliance universitaire Chine-Afrique dédiée au développement numérique. Signée par huit universités chinoises et dix universités africaines lors d'un forum des présidents d'universités Chine-Afrique organisé en septembre par l'Université du Hunan, elle appelle à collaborer dans la formation de talents numériques, la recherche conjointe, les échanges culturels et la coopération entre l'industrie, l'enseignement supérieur et la recherche. Le forum a réuni des représentants de 15 universités issues de 13 pays africains.
Joëlle Perreau, vice-chancelière de l'Université des Seychelles, a souligné que les partenariats Chine-Afrique devaient veiller à ce que la technologie respecte la diversité culturelle et renforce la capacité des enseignants à guider les étudiants.
"Notre objectif ne doit pas être simplement de rendre l'éducation plus numérique, mais plus accessible, plus pertinente et plus adaptée", a-t-elle affirmé.
Jiang Chao, vice-président de l'Université du Hunan, a pour sa part rappelé que la coopération dans l'enseignement supérieur était un lien essentiel pour la communauté d'avenir partagé Chine-Afrique. Il a appelé à travailler sur la base de l'égalité et de l'apprentissage mutuel, notamment dans les technologies numériques, la santé, l'ingénierie et le commerce, afin de transformer le consensus en résultats tangibles. Fin
