BRAZZAVILLE, 6 octobre (Xinhua) -- La Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC) a appelé mardi à assainir les bilans des établissements de crédit de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), lors d'une réunion à Brazzaville consacrée à la qualité de leurs portefeuilles de crédits, a-t-on constaté sur place.
"Au 30 juin 2026, le taux moyen des créances en souffrance atteint le niveau critique de 15,42%, soit plus du triple du seuil d'alerte admis dans les standards internationaux fixé à 5%", a alerté Patricia Danielle Manon, secrétaire générale adjointe de la COBAC, devant les responsables des finances, des engagements et de la comptabilité des établissements concernés.
Selon les données présentées, les créances jugées douteuses représentent 2.069,7 milliards de francs CFA (environ 3,5 milliards de dollars). La COBAC exige notamment la radiation immédiate de 295,4 milliards de FCFA (environ 509 millions de dollars) de créances irrécouvrables depuis plus de cinq ans.
L'institution demande aux directions financières et comptables de procéder à cet assainissement afin d'améliorer la qualité des bilans bancaires dans la sous-région.
Huit ans après l'entrée en vigueur du règlement concerné, les représentants des banques ont exposé les obstacles rencontrés dans son application et proposé des mesures pour améliorer leurs portefeuilles de crédits. Ils ont notamment évoqué les versements préalables exigés pour restructurer une dette ainsi que les lenteurs administratives liées à l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires.
Prenant note de ces difficultés, Mme Manon a réaffirmé les obligations des banques en matière d'assainissement de leurs bilans.
La COBAC a également rappelé que les manquements aux règles de suivi du risque de crédit pouvaient entraîner des sanctions disciplinaires allant jusqu'au retrait d'agrément, ainsi que des sanctions pécuniaires pouvant atteindre 100 millions de FCFA (environ 172.000 dollars). Des poursuites judiciaires et des sanctions pénales sont également possibles, selon le régulateur. Fin
