YAOUNDE, 25 août (Xinhua) -- A Mongomo, ville frontalière de la province de Wele-Nzas dans la région continentale de la Guinée équatoriale, des médecins de la 34e équipe médicale chinoise dans le pays opèrent un patient atteint de cataracte dans le bloc opératoire d'une clinique.
Lancée le 10 août, cette intervention s'inscrit dans le cadre de la troisième édition de la campagne "Voyage d'amour et de lumière", une initiative gratuite de chirurgie de la cataracte menée par l'équipe médicale chinoise.
Fernando Eyang, qui faisait partie des premiers patients inscrits dans cette campagne, a subi une opération à l'œil droit. Son œil gauche avait déjà été opéré lors de l'édition précédente de la campagne. "Je suis passé d'une vision presque nulle à normale. Cet œil, c'est aux médecins chinois que je le dois. Maintenant, je vous confie aussi mon œil droit", a-t-elle dit.
A l'extérieur du bloc opératoire, des patients venus de différentes régions du pays font la queue. Salvador Nguema, qui avait bénéficié d'une opération lors de la deuxième édition de la campagne en juin dernier, est revenu avec son frère, Pilan Nguema.
Souffrant d'une maladie oculaire depuis plusieurs années, Pilan n'avait jusqu'alors pas pu bénéficier d'un traitement adéquat en raison du manque de ressources médicales dans la région frontalière. Après avoir constaté l'amélioration spectaculaire de l'autonomie de son frère à la suite de l'opération, il a insisté pour que celui-ci l'accompagne pour consulter les médecins chinois.
La Guinée équatoriale, située à proximité de l'équateur, est exposée à un fort rayonnement ultraviolet tout au long de l'année, ce qui contribue à la fréquence élevée de la cataracte dans le pays. Dans les zones rurales reculées et frontalières, le manque de sensibilisation à la prévention et l'insuffisance des services ophtalmologiques conduisent souvent les patients à consulter seulement lorsque leur vision est déjà gravement altérée, voire après avoir perdu la vue.
La campagne "Voyage d'amour et de lumière" est une initiative majeure d'aide sociale de l'équipe médicale chinoise. "En introduisant des technologies de diagnostic et de traitement avancées ainsi que des équipements chirurgicaux modernes, elle établit également, grâce au dépistage sur place, à la sensibilisation à la santé oculaire et au suivi postopératoire, un modèle reproductible et durable de prévention et de traitement des maladies oculaires au niveau local", a expliqué Tan Shunmou, chef de la 34e équipe médicale chinoise.
Joaquine Ndong, âgée de plus de 80 ans, et sa fille Abene Obono, âgée de plus de 60 ans, ont toutes deux reçu un diagnostic de cataracte sévère et se sont rendues ensemble sur le site de la campagne.
Le jour de l'intervention, la fille est entrée la première au bloc opératoire, tandis que sa mère attendait anxieusement à l'extérieur. Une fois l'opération de sa fille terminée avec succès, la mère a à son tour été conduite dans la même salle d'opération.
Lors du contrôle postopératoire effectué le lendemain, les deux femmes ont simultanément retiré leurs pansements et constaté une nette amélioration de leur vision. Les larmes aux yeux, Mme Obono a déclaré : "Je me suis fait opérer la première pour que Maman n'ait pas peur. Maman est passée ensuite pour que toute la famille puisse voir l'espoir".
A la clinique Policlinico Virgen de Guadalupe de Mongomo, la réputation des médecins chinois, surnommés les "messagers de la lumière", s'est déjà répandue. Un homme âgé s'appuyant sur une béquille fait patiemment la queue, un patient en fauteuil roulant est poussé par un proche sur plusieurs kilomètres de chemin de terre, tandis qu'un jeune homme porte sa mère âgée sur son dos jusqu'à la clinique.
"Ce qui m'a le plus marqué, c'est le cas de Teodoro Otong, un monsieur âgé venu d'un village reculé des environs de Mongomo. Il a marché pieds nus pendant plusieurs heures sur des sentiers montagneux pour venir consulter. La plante de ses pieds était couverte d'ampoules ensanglantées. Tout cela pour retrouver la lumière. C'était à la fois poignant et émouvant", a confié M. Tan.
Selon lui, la première édition de la campagne, qui s'est tenue du 26 mars au 2 avril à Malabo, a permis de dépister 174 personnes et de réaliser 30 opérations. La deuxième édition, organisée du 1er au 12 juin à Mongomo, a permis de dépister près de 700 personnes et de réaliser 93 interventions, dont 80 opérations de la cataracte, sans aucune complication.
"Chaque jour, on commence à travailler dès l'aube et on finit seulement à la tombée de la nuit. On mange à tour de rôle, parce qu'on ne veut pas décevoir les patients qui viennent avec tant d'espoir", a fait savoir le chef d'équipe.
"A Mongomo, cette ville frontalière, ce qui brille le plus, ce n'est pas le soleil de l'équateur. C'est la lumière dans les yeux des patients quand ils enlèvent leur pansement, et c'est la confiance qu'ils nous accordent, malgré la langue, la maladie et la distance", a-t-il ajouté. Fin
