GENEVE, 14 juillet (Xinhua) -- L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti mardi que l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a connu la progression mensuelle la plus rapide, la majorité des nouvelles infections provenant de chaînes de transmission inconnues.
De retour de la province de l'Ituri (dans l'est de la RDC), épicentre de l'épidémie, Chikwe Ihekweazu, directeur exécutif du Programme de l'OMS de gestion des situations d'urgence sanitaire, a déclaré aux journalistes à Genève qu'en date du 11 juillet, près de 2.000 cas confirmés et plus de 700 décès avaient été signalés dans cinq provinces. Il s'agit désormais de la troisième plus importante épidémie d'Ebola jamais enregistrée.
"Nous avons constaté la progression la plus rapide en un seul mois depuis le début de l'épidémie et de toutes les épidémies d'Ebola que nous avons gérées", a noté M. Ihekweazu.
Ces derniers jours, a-t-il ajouté, le nombre quotidien de nouvelles infections a atteint des niveaux parmi les plus élevés, avec plus de 80 cas confirmés en 24 heures.
Selon M. Ihekweazu, "le constat peut-être le plus alarmant" est que bon nombre des décès récemment signalés concernent des personnes décédées dans leur communauté, sans jamais avoir atteint un établissement de santé ni reçu de soins.
Malgré les progrès réalisés en matière de diagnostic et les taux élevés de recherche des contacts, M. Ihekweazu a averti que "80% des nouveaux cas ne figurent pas sur nos listes de contacts et proviennent donc de chaînes de transmission inconnues". Les modélisations de l'OMS suggèrent que l'ampleur réelle pourrait être "au moins deux à quatre fois" supérieure au nombre de cas signalés.
L'épidémie a été déclarée il y a deux mois. Si jusqu'à 95% des nouveaux cas sont toujours détectés en Ituri, le virus s'est récemment propagé à deux autres provinces, le Haut-Uélé et la Tshopo.
Pour faire face à cette crise, l'OMS a défini une double stratégie : intensifier les efforts de riposte dans l'épicentre de l'épidémie, tout en cartographiant les itinéraires de déplacement et en identifiant les zones à haut risque où de nouveaux cas pourraient apparaître.
Appelant la communauté internationale à ne pas "se décourager", M. Ihekweazu a souligné que des résultats étaient en train d'être obtenus. "Ce n'est pas le moment de relâcher nos efforts", a-t-il dit.
Bien que plusieurs traitements soient actuellement en cours d'essais cliniques et qu'il n'existe encore aucun traitement approuvé contre la souche Bundibugyo, des soins de support précoces améliorent considérablement les chances de survie.
"Nous devons détecter les cas plus tôt et les prendre en charge le plus rapidement possible", a conclu M. Ihekweazu. Fin
