Les pays riches invités à mieux protéger les droits des réfugiés à l'approche du "Sommet pour la démocratie" organisé par les Etats-Unis

French.xinhuanet.com | Publié le 2021-12-07 à 05:22

LONDRES, 6 décembre (Xinhua) -- A l'approche du prétendu "Sommet pour la démocratie" initié par les Etats-Unis, qui doit se tenir cette semaine, la récente tragédie survenue dans la Manche rappelle que les pays riches ont beaucoup à faire pour sauvegarder les droits des réfugiés fuyant les guerres et les conflits.

Depuis des années, les réfugiés et les déplacés sont confrontés à d'immenses défis au cours de leur voyage vers les pays développés, entraînant souvent des accidents mortels. Le dernier en date est le naufrage d'un bateau de migrants dans la Manche, qui a tué 27 personnes.

Pour les migrants, voyager par avion ou par ferry est devenu impossible en raison des contrôles stricts qui ont lieu aux frontières. Les traversées à bord de petites embarcations se sont en conséquence multipliées, au point de devenir un modèle commercial pour les passeurs. Dans le port britannique de Douvres, des centaines de migrants ont récemment été secourus et amenés à terre par la police des frontières et le Royal National Institute of Lifeguards, un organisme de bienfaisance qui s'efforce de sauver des vies en mer.

"Ces personnes sont manifestement désespérées, car je pense qu'aucun d'entre nous n'entreprendrait un tel voyage à la légère, ou ne mettrait ainsi sa vie ou celle de ses enfants en danger, à moins d'être absolument désespéré", a déclaré à Xinhua sous couvert d'anonymat un habitant de Dungeness, sur la côte du Kent, en Angleterre.

"Ils font probablement tout ce qu'ils peuvent. Oui, c'est une situation très triste. C'est difficile quand des personnes de cultures différentes essaient de passer la frontière d'autres pays. Ce n'est pas un monde ouvert", a déclaré un résident anonyme de Douvres.

Après le récent naufrage survenu dans la Manche, le Royaume-Uni et la France se sont mutuellement accusés de ne pas traiter le problème des migrations de manière adéquate.

La France a rejeté l'idée d'organiser patrouilles conjointes de policiers ou de militaires avec le Royaume-Uni dans les eaux françaises, selon la presse locale.

Le Royaume-Uni doit d'abord s'efforcer d'être moins attractif pour les migrants sur le plan économique, a déclaré le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin, en référence au fait que les gens peuvent travailler en Angleterre sans présenter de pièce d'identité.

Le Royaume-Uni ne semble pas non plus désireux d'accueillir des réfugiés. Le gouvernement britannique a annoncé en juillet qu'il allait réviser son système d'asile pour qu'arriver volontairement dans le pays sans autorisation devienne une infraction. La ministre britannique de l'Intérieur Priti Patel a déclaré que les migrants devaient demander l'asile dans le premier pays sûr qu'ils atteignaient, et que personne n'avait besoin de fuir la France pour être en sécurité.

Des observateurs ont souligné que les migrants clandestins qui arrivent en Europe fuyaient souvent les guerres et les conflits au Moyen-Orient et en Afrique suite à l'intervention de l'Occident. Le problème ne peut être résolu qu'en leur offrant la paix et des moyens de développement dans leur pays d'origine.

"Si des moyens de développement étaient fournis à ces individus et à ces pays, rien ne justifierait qu'une personne quitte son pays et mette sa vie en danger", a déclaré à Xinhua Waleed Gaballah, professeur de droit économique et financier à l'université du Caire.

"Les gens voyagent et risquent leur vie pour des bénéfices économiques ou pour échapper à des problèmes ethniques ou à des conflits politiques. Lorsque les problèmes qui entravent le développement s'atténueront, les flux migratoires illégaux diminueront", a-t-il affirmé.

Certains pays européens, qui sont confrontés à des flux migratoires clandestins croissants, semblent l'avoir compris, a déclaré M. Gaballah, notant que lorsque l'Allemagne présidait le G20, elle avait essayé d'encourager les institutions de financement internationales à améliorer les conditions de vie des Africains et à créer de nouvelles opportunités d'emploi sur place.

"Les pays africains essaient de s'intégrer à l'économie mondiale, mais les conditions posées par les pays occidentaux pour investir en Afrique restent difficiles", a déclaré M. Gaballah, notant que les pays riches devaient faire plus d'efforts pour aider les pays déchirés par la guerre à relever leurs défis économiques.

"L'Occident se concentre uniquement sur l'aspect politique de la question des réfugiés", a-t-il déploré. Fin

 
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Les pays riches invités à mieux protéger les droits des réfugiés à l'approche du "Sommet pour la démocratie" organisé par les Etats-Unis

French.xinhuanet.com | Publié le 2021-12-07 à 05:22

LONDRES, 6 décembre (Xinhua) -- A l'approche du prétendu "Sommet pour la démocratie" initié par les Etats-Unis, qui doit se tenir cette semaine, la récente tragédie survenue dans la Manche rappelle que les pays riches ont beaucoup à faire pour sauvegarder les droits des réfugiés fuyant les guerres et les conflits.

Depuis des années, les réfugiés et les déplacés sont confrontés à d'immenses défis au cours de leur voyage vers les pays développés, entraînant souvent des accidents mortels. Le dernier en date est le naufrage d'un bateau de migrants dans la Manche, qui a tué 27 personnes.

Pour les migrants, voyager par avion ou par ferry est devenu impossible en raison des contrôles stricts qui ont lieu aux frontières. Les traversées à bord de petites embarcations se sont en conséquence multipliées, au point de devenir un modèle commercial pour les passeurs. Dans le port britannique de Douvres, des centaines de migrants ont récemment été secourus et amenés à terre par la police des frontières et le Royal National Institute of Lifeguards, un organisme de bienfaisance qui s'efforce de sauver des vies en mer.

"Ces personnes sont manifestement désespérées, car je pense qu'aucun d'entre nous n'entreprendrait un tel voyage à la légère, ou ne mettrait ainsi sa vie ou celle de ses enfants en danger, à moins d'être absolument désespéré", a déclaré à Xinhua sous couvert d'anonymat un habitant de Dungeness, sur la côte du Kent, en Angleterre.

"Ils font probablement tout ce qu'ils peuvent. Oui, c'est une situation très triste. C'est difficile quand des personnes de cultures différentes essaient de passer la frontière d'autres pays. Ce n'est pas un monde ouvert", a déclaré un résident anonyme de Douvres.

Après le récent naufrage survenu dans la Manche, le Royaume-Uni et la France se sont mutuellement accusés de ne pas traiter le problème des migrations de manière adéquate.

La France a rejeté l'idée d'organiser patrouilles conjointes de policiers ou de militaires avec le Royaume-Uni dans les eaux françaises, selon la presse locale.

Le Royaume-Uni doit d'abord s'efforcer d'être moins attractif pour les migrants sur le plan économique, a déclaré le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin, en référence au fait que les gens peuvent travailler en Angleterre sans présenter de pièce d'identité.

Le Royaume-Uni ne semble pas non plus désireux d'accueillir des réfugiés. Le gouvernement britannique a annoncé en juillet qu'il allait réviser son système d'asile pour qu'arriver volontairement dans le pays sans autorisation devienne une infraction. La ministre britannique de l'Intérieur Priti Patel a déclaré que les migrants devaient demander l'asile dans le premier pays sûr qu'ils atteignaient, et que personne n'avait besoin de fuir la France pour être en sécurité.

Des observateurs ont souligné que les migrants clandestins qui arrivent en Europe fuyaient souvent les guerres et les conflits au Moyen-Orient et en Afrique suite à l'intervention de l'Occident. Le problème ne peut être résolu qu'en leur offrant la paix et des moyens de développement dans leur pays d'origine.

"Si des moyens de développement étaient fournis à ces individus et à ces pays, rien ne justifierait qu'une personne quitte son pays et mette sa vie en danger", a déclaré à Xinhua Waleed Gaballah, professeur de droit économique et financier à l'université du Caire.

"Les gens voyagent et risquent leur vie pour des bénéfices économiques ou pour échapper à des problèmes ethniques ou à des conflits politiques. Lorsque les problèmes qui entravent le développement s'atténueront, les flux migratoires illégaux diminueront", a-t-il affirmé.

Certains pays européens, qui sont confrontés à des flux migratoires clandestins croissants, semblent l'avoir compris, a déclaré M. Gaballah, notant que lorsque l'Allemagne présidait le G20, elle avait essayé d'encourager les institutions de financement internationales à améliorer les conditions de vie des Africains et à créer de nouvelles opportunités d'emploi sur place.

"Les pays africains essaient de s'intégrer à l'économie mondiale, mais les conditions posées par les pays occidentaux pour investir en Afrique restent difficiles", a déclaré M. Gaballah, notant que les pays riches devaient faire plus d'efforts pour aider les pays déchirés par la guerre à relever leurs défis économiques.

"L'Occident se concentre uniquement sur l'aspect politique de la question des réfugiés", a-t-il déploré. Fin

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