Le monde est au bord du gouffre, avertit le secrétaire général de l'ONU

French.xinhuanet.com | Publié le 2021-09-22 à 04:17


(Xinhua/Wang Ying)

NEW YORK (Nations Unies), 21 septembre (Xinhua) -- Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a averti mardi que le monde était au bord du gouffre, et se dirigeait dans la mauvaise direction.

"Je me présente devant vous pour tirer la sonnette d'alarme : le monde doit se réveiller. Nous sommes au bord du gouffre, et nous avançons dans la mauvaise direction", a-t-il déclaré à l'Assemblée générale juste avant l'ouverture du débat général.

"Notre monde n'a jamais été aussi menacé, ni aussi divisé. Nous sommes confrontés à la pire cascade de crises de notre vie", a-t-il indiqué dans son rapport à l'Assemblée générale.

La pandémie de COVID-19 a exacerbé des inégalités déjà criantes ; la crise climatique frappe la planète de plein fouet ; des bouleversements ont lieu de l'Afghanistan à l'Ethiopie en passant par le Yémen, nuisant gravement à la paix mondiale. Une vague de méfiance et de désinformation polarise les populations et paralyse les sociétés, tandis que les droits humains sont critiqués et que la science est attaquée. Les bouées de sauvetage économiques destinées aux plus vulnérables sont trop peu nombreuses, et arrivent trop tard, voire pas du tout. La solidarité a disparu, alors même que le monde en a plus besoin que jamais, a-t-il déclaré.

Les vaccins contre la COVID-19 ont été développés en un temps record, ce qui constitue une grande victoire de la science et de l'ingéniosité humaine. Mais cette victoire est rendue caduque par le manque de volonté politique, l'égoïsme et la méfiance ; la majorité de la population des pays riches a déjà été vaccinée, tandis que plus de 90 % des Africains attendent toujours leur première dose.

"C'est obscène. Nous avons réussi le test scientifique, mais nous obtenons un zéro en éthique", a affirmé M. Guterres.

La sonnette d'alarme climatique sonne elle aussi plus fort que jamais, a-t-il déclaré.

"Les climatologues nous disent qu'il n'est pas trop tard pour sauver l'objectif de l'Accord de Paris sur le climat, qui est de maintenir la hausse des températures à 1,5 degré. Mais la fenêtre d'opportunité se referme rapidement. Nous avons besoin de réduire nos émissions de 45 % d'ici à 2030 ; mais un récent rapport de l'ONU montre clairement que les engagements nationaux actuels en matière de climat conduiraient les émissions à augmenter de 16 % d'ici à 2030. Cela nous condamnerait à une augmentation infernale de température, qui serait d'au moins 2,7 degrés au-dessus des niveaux préindustriels. C'est une catastrophe", a-t-il déclaré.

La COVID-19 et la crise climatique ont mis en lumière la fragilité fondamentale de nos sociétés et de notre planète. "Et pourtant, face à ces défis épiques, nous voyons de l'hubris au lieu de voir de l'humilité. Au lieu d'emprunter la voie de la solidarité, nous courons tout droit à la destruction", a-t-il ajouté.

Une autre maladie se répand à toute vitesse dans le monde aujourd'hui : la maladie de la méfiance, a-t-il déclaré.

"Ceux que nous servons et que nous représentons sont en train de perdre confiance non seulement dans leurs gouvernements et leurs institutions, mais aussi dans les valeurs fondamentales qui animent le travail des Nations Unies depuis plus de 75 ans : la paix, les droits de l'homme, la dignité pour tous, l'égalité, la justice, la solidarité. Ces valeurs fondamentales sont attaquées comme jamais auparavant", a-t-il poursuivi.

"C'est le moment de vérité. Il est temps d'agir. Il est temps de restaurer la confiance. Il est temps de redonner espoir. Et je garde espoir : les problèmes que nous avons créés sont des problèmes que nous pouvons résoudre. L'humanité a montré qu'elle était capable de grandes choses quand nous travaillons ensemble. C'est la raison d'être des Nations Unies", a-t-il affirmé.

Il a cependant averti que le système multilatéral actuel restait trop limité en termes d'outils et de capacités par rapport à ce qui serait nécessaire pour assurer une gestion efficace des biens publics mondiaux.

"Nous devons renforcer la gouvernance mondiale. Nous devons nous concentrer sur l'avenir. Nous devons renouveler le contrat social. Nous devons faire en sorte que l'Organisation des Nations Unies soit prête pour la nouvelle ère", a-t-il indiqué. Fin

 
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Le monde est au bord du gouffre, avertit le secrétaire général de l'ONU

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(Xinhua/Wang Ying)

NEW YORK (Nations Unies), 21 septembre (Xinhua) -- Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a averti mardi que le monde était au bord du gouffre, et se dirigeait dans la mauvaise direction.

"Je me présente devant vous pour tirer la sonnette d'alarme : le monde doit se réveiller. Nous sommes au bord du gouffre, et nous avançons dans la mauvaise direction", a-t-il déclaré à l'Assemblée générale juste avant l'ouverture du débat général.

"Notre monde n'a jamais été aussi menacé, ni aussi divisé. Nous sommes confrontés à la pire cascade de crises de notre vie", a-t-il indiqué dans son rapport à l'Assemblée générale.

La pandémie de COVID-19 a exacerbé des inégalités déjà criantes ; la crise climatique frappe la planète de plein fouet ; des bouleversements ont lieu de l'Afghanistan à l'Ethiopie en passant par le Yémen, nuisant gravement à la paix mondiale. Une vague de méfiance et de désinformation polarise les populations et paralyse les sociétés, tandis que les droits humains sont critiqués et que la science est attaquée. Les bouées de sauvetage économiques destinées aux plus vulnérables sont trop peu nombreuses, et arrivent trop tard, voire pas du tout. La solidarité a disparu, alors même que le monde en a plus besoin que jamais, a-t-il déclaré.

Les vaccins contre la COVID-19 ont été développés en un temps record, ce qui constitue une grande victoire de la science et de l'ingéniosité humaine. Mais cette victoire est rendue caduque par le manque de volonté politique, l'égoïsme et la méfiance ; la majorité de la population des pays riches a déjà été vaccinée, tandis que plus de 90 % des Africains attendent toujours leur première dose.

"C'est obscène. Nous avons réussi le test scientifique, mais nous obtenons un zéro en éthique", a affirmé M. Guterres.

La sonnette d'alarme climatique sonne elle aussi plus fort que jamais, a-t-il déclaré.

"Les climatologues nous disent qu'il n'est pas trop tard pour sauver l'objectif de l'Accord de Paris sur le climat, qui est de maintenir la hausse des températures à 1,5 degré. Mais la fenêtre d'opportunité se referme rapidement. Nous avons besoin de réduire nos émissions de 45 % d'ici à 2030 ; mais un récent rapport de l'ONU montre clairement que les engagements nationaux actuels en matière de climat conduiraient les émissions à augmenter de 16 % d'ici à 2030. Cela nous condamnerait à une augmentation infernale de température, qui serait d'au moins 2,7 degrés au-dessus des niveaux préindustriels. C'est une catastrophe", a-t-il déclaré.

La COVID-19 et la crise climatique ont mis en lumière la fragilité fondamentale de nos sociétés et de notre planète. "Et pourtant, face à ces défis épiques, nous voyons de l'hubris au lieu de voir de l'humilité. Au lieu d'emprunter la voie de la solidarité, nous courons tout droit à la destruction", a-t-il ajouté.

Une autre maladie se répand à toute vitesse dans le monde aujourd'hui : la maladie de la méfiance, a-t-il déclaré.

"Ceux que nous servons et que nous représentons sont en train de perdre confiance non seulement dans leurs gouvernements et leurs institutions, mais aussi dans les valeurs fondamentales qui animent le travail des Nations Unies depuis plus de 75 ans : la paix, les droits de l'homme, la dignité pour tous, l'égalité, la justice, la solidarité. Ces valeurs fondamentales sont attaquées comme jamais auparavant", a-t-il poursuivi.

"C'est le moment de vérité. Il est temps d'agir. Il est temps de restaurer la confiance. Il est temps de redonner espoir. Et je garde espoir : les problèmes que nous avons créés sont des problèmes que nous pouvons résoudre. L'humanité a montré qu'elle était capable de grandes choses quand nous travaillons ensemble. C'est la raison d'être des Nations Unies", a-t-il affirmé.

Il a cependant averti que le système multilatéral actuel restait trop limité en termes d'outils et de capacités par rapport à ce qui serait nécessaire pour assurer une gestion efficace des biens publics mondiaux.

"Nous devons renforcer la gouvernance mondiale. Nous devons nous concentrer sur l'avenir. Nous devons renouveler le contrat social. Nous devons faire en sorte que l'Organisation des Nations Unies soit prête pour la nouvelle ère", a-t-il indiqué. Fin

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